Principaux traits de la prévention liée aux drogues
- Tabac, alcool, médicaments psychotropes, drogues illicites ou produits dopants -
|
Données de cadrage
|
|
Consommations chez les 17 ans en population générale(1)
|
Région
|
National
|
Usage quotidien de tabac
|
35 %
|
33,0 %
|
Usage régulier d'alcool (2)
|
12 %
|
12,0 %
|
Ivresses alcooliques répétées (3)
|
26 %
|
26,0 %
|
Usage régulier de cannabis (2)
|
12 %
|
10,8 %
|
(1) Source OFDT, ESCAPAD 2005
(2) Au moins 10 fois lors des 30 derniers jours
(3) Au moins 3 fois lors des 12 derniers mois
|
Démographie régionale |
Effectif |
Population totale (4) |
4750947 |
Population des 12-25 ans (4) |
812516 |
Population des 15-25 ans (4) |
638196 |
Élèves de l’enseignement secondaire (hors apprentis) (5) |
421442 |
(4) Source INSEE, projection 2005
(5) Enseignement général, technique, agricole, public ou privé sous contrat. Sources : MEN, MAP.
|
L’enquête ReLION vise à :
- documenter les principales caractéristiques des actions locales de prévention liée aux drogues licites ou illicites (alcool, tabac, médicaments psychotropes, cannabis, ecstasy, produits dopants…).
- et repérer les évolutions des pratiques de prévention, à différentes échelles de territoire.
à travers des repères simples sur ce qui se fait dans le domaine, auprès de qui, grâce à qui, quand, où et comment.
Elle porte sur toute action, subventionnée ou non, adressée directement aux publics chez qui l'on souhaite empêcher la survenue ou la répétition des consommations dommageables, menée sur un site et sur une durée déterminés. Il s'agit d'actions menées lors de l'année civile ou de l'année scolaire révolue. Elle ne concerne pas la prise en charge individuelle, la sensibilisation ou la formation d'acteurs relais, la réduction des risques, le soin, ni la réduction de l'accessibilité aux produits.
L'enquête est menée sur la base du volontariat et est rendue anonyme.
Ce premier exercice inclut systématiquement : les établissements d'enseignement secondaire et supérieur, les centres éducatifs ou de placement relevant de la PJJ, les services de gendarmerie et de police, ainsi que les structures (dont les associations) connues pour avoir mené des actions.
La collecte de données est organisée pendant le premier trimestre.
Initiée en 2007, elle sera répétée tous les deux ans. Elle s'appuie sur un questionnaire électronique auto-administré, d'accès protégé.
Elle concerne 9 régions : Alsace, Bourgogne, Bretagne, Champagne-Ardenne, Ile-de-France, Limousin, Midi-Pyrénées, PACA, Rhône-Alpes.
|
|
Les actions de prévention liée aux drogues
La majeure partie de la prévention liée aux drogues recensée par ReLion en PACA a eu lieu en milieu scolaire : les projets menés dans ce cadre représentent les trois quarts des actions rapportées et correspondent aux deux tiers des publics touchés (93 524 personnes sur 142 888 bénéficiaires au total) –proportion très variable entre les territoires des 2 académies de la région-. Financièrement, ces projets, aux budgets apparemment plus élevés qu’ailleurs mais trop souvent non renseignés pour en tirer une conclusion, bénéficient en majorité de subventions publiques (essentiellement de l’Etat). Or on en retrouve moins de la moitié décrits comme s’inscrivant dans un cadre politique territorial (le PRSP est le plus souvent cité, dans un quart des cas). Plus qu’un manque de coordination des dispositifs, cela souligne peut-être leur faible visibilité, y compris pour les porteurs de projets qui leur donnent corps sur le terrain. Destinées avant tout aux 15-18 ans (3 actions sur 5) mais aussi et plus qu’ailleurs aux 11-14 ans (la moitié des cas), donc un peu moins souvent aux actifs, les actions de la région se démarquent par un effort accru pour s’adresser à des profils plus divers de « jeunes » (hors milieu scolaire, apprentis, public relevant d’une prise en charge sociale ou judiciaire, etc.). Globalement, près d’un jeune de 12-25 ans sur 6 a été touché dans la région. On retrouve des établissements d’enseignement à l’origine d’environ 7 projets sur 10 (avec plus souvent qu’au plan national d’autres commanditaires à leurs côtés, collectivités territoriales notamment), mais moins de 30% ont été mis en œuvre par eux. Si les associations spécialisées ou les forces de l’ordre, un peu moins sollicitées que sur le reste du territoire, restent des opérateurs externes très impliqués, la région se distingue d’une part par une mobilisation plus forte des structures généralistes d’éducation pour la santé et surtout de celles de soins (2 fois plus présentes), et d’autre part par un nombre et une diversité d’intervenants plus élevés. Dans la majorité des cas (54%), c’est une approche globale des consommations qui a été privilégiée, en abordant l’ensemble des drogues. Parmi les produits psychoactifs plus spécifiquement visés, les plus traités ont été le tabac (objet de près de 2 actions sur 5), puis, dans un ordre inverse à la tendance nationale, le cannabis (1 sur 3) et l’alcool (à peine 31%). Au plan méthodologique, les interventions étaient plutôt courtes (56% duraient 2 heures ou moins), s’appuyant dans un peu plus de la moitié des cas sur la diffusion de documents ou sur une communication orale avec matériel ou supports audiovisuels, et visaient 3 fois sur 4 à améliorer les connaissances du public ou à stimuler la perception de la nocivité des produits ou contextes d’usage, puis, dans la moitié des cas, à faciliter les décisions individuelles ou à rappeler la loi. Enfin, si la notion d’évaluation de l’action se retrouve quasiment partout (près de 9 fois sur 10), elle a presque toujours été interne. |
|
Sauf indication contraire, les pourcentages ou effectifs présentés sont calculés par rapport à l'ensemble des types d'actions documenté pour le territoire considéré (ici 319, cf. infra).
Lorsque plusieurs réponses étaient possibles pour une question donnée, la somme des pourcentages peut excéder 100%.
(*) Les données liées à l'ensemble des territoires couverts (9 régions soit 13 académies) sont fournies sous la mention "National(*)".
(**) L'enquête permet de relever l'effectif total des destinataires de chaque action, toutes catégories confondues. Une estimation des effectifs globaux des publics jeunes (ex. : 12-25ans) est déduite de ces données, en admettant que pour les actions portant à la fois sur des jeunes et d'autres, ces jeunes représentent en général entre 85% et 90% du public. Ces ratios sont issus des données existantes sur la répartition des publics bénéficiaires (cf. www.ofdt.fr/relion).
|
|
En 2007, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, 1181 structures ont été interrogées via l'enquête ReLION sur l'organisation d'actions de prévention liée aux drogues, en 2006 ou lors de l'année scolaire 2005-2006. Parmi elles, 69 ont répondu ne pas avoir mené ce genre d'action alors que 176 autres structures ont rempli au moins 1 questionnaire à ce sujet. Les résultats présentés ici reflètent les déclarations de ces-dernières qui, selon une enquête complémentaire, représentent 26 % des structures ayant effectivement mené des actions de prévention liée aux drogues dans la période observée.
En Provence-Alpes-Côte d'Azur, 319 types d'actions ont été documentés via l'enquête ReLION. Les actions ont été menées dans 2994 sites différents.
Les spécificités locales quant à la réalisation de l'enquête figurent en dernière page (cf. Section " Observations ").
|
|
Éléments de contexte
|
|
Contexte politique et professionnel local
|
Durant la période considérée par l’enquête (années 2005-2006), la région PACA, a été marquée par la finalisation des plans se référant à la prévention des addictions et à la lutte contre les drogues. Ces plans déclinent les orientations de la loi du 09 août 2004 relative à la politique de santé publique, réaffirmant la responsabilité de l’Etat dans ce domaine, et incluant la prise en compte des besoins locaux. Cette période a été favorable à la prévention : les dispositifs définissant les actions ont été renouvelés, les objectifs et les méthodes d’interventions diffusés et utilisés, s’agissant de ceux relevant de l’éducation à la santé (SREPS) ou de la prévention des conduites addictives en milieu scolaire (guide MILDT/ DESCO). Ces dispositifs ont également favorisé l’accès à la formation et à une culture mieux partagée de la prévention, pour les professionnels des différents champs des addictions, de l’éducation à la santé, de la prévention routière, et ceux de l’application de la loi (FRAD, PFAD, douanes, justice,…). Cinq départements sont pourvus de plans locaux, déclinaisons locales du plan gouvernemental de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l’alcool 2004/2008 de la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie). Ces plans, validés par les comités de pilotage départementaux, se proposent également de renforcer la cohérence des différents plans de l’Etat : le Programme régional de santé publique, le plan départemental d’actions en sécurité routière, les actions inscrites dans la politique de la ville, … Ces plans prennent en compte les besoins locaux, portent sur les trois volets de la politique publique, et donnent lieu chaque année à des appels à projets, dans les domaines du soin, de la prévention, de la lutte contre le trafic et de l’application de la loi. S’agissant des Alpes de Haute Provence, le plan précédent (2001/2004) a été évalué en 2005 : un diagnostic territorial a permis de définir les orientations pour la prochaine période (2006/2008). Dans les Hautes Alpes et le Vaucluse, le comité de pilotage a approuvé les objectifs retenus pour l’action publique. Dans les Bouches du Rhône et les Alpes Maritimes, de nombreuses institutions, représentants des services de l’Etat, associations et collectivités locales,… ont été associées aux travaux de préparation du plan. Des champs d’intervention sont déclinés dans ces plans : le milieu scolaire, les « sites sensibles », le monde du travail et la prévention en milieu festif, les conventions départementales d’objectifs « Justice santé ». Autre dispositif majeur, le Programme Régional de Santé Publique : rédigé en 2005, il est porté par l’Etat, l’assurance maladie et de nombreuses collectivités locales, comprend 16 programmes, dont deux dans le champ des addictions : le programme 04 (Réduire les conduites addictives et diminuer les consommations excessives : tabac, alcool, drogues illicites ou produits détournés de leur usage) et le programme 16 (Santé scolaire et éducation à la santé). Des concertations locales permettent d’harmoniser l’instruction des dossiers par les DDASS et les chefs de projets MILDT, surtout sur la prévention en milieu scolaire. Le Conseil régional est également porteur d’actions sur la santé des jeunes, en lien avec les lycées, CFA, organismes de formation et d’insertion des jeunes,… Des départements sont également engagés dans la prévention, selon des modalités locales diverses. Enfin, la politique de la ville (CLSPD, CUCS,… ) est un financeur important dans notre région.
|
Cadre politique des actions |
|
|
Ex : 10 % des actions de la région s’inscrivait dans le PDLD
|
Région
|
National(*)
|
(*) Pour rappel, dans toute la fiche, "National(*)" renvoie aux actions de l'ensemble des territoires couverts par l'enquête (9 régions, soit 13 académies).
|
Aucune politique territoriale concernée |
32,6 %
|
28,4 % |
PRSP |
24,5 % |
18,5 % |
Sreps |
4,1 % |
9,1 % |
Programme départemental MILDT de lutte contre les drogues |
10 % |
10,8 % |
CDO -Justice-Santé |
1,6 % |
1,3 % |
CLS |
4,4 % |
3,5 % |
CEL |
1,3 % |
2,6 % |
Non-réponses |
25,7 % |
35,2 % |
|
|
|
|
Financements et ressources
|
Un tiers des actions n’a pas été renseigné concernant l’origine du financement. Parmi celles qui l’ont été, la proportion, majoritaire, ayant reçu une subvention publique est du même ordre en PACA qu’au national (avec un soutien principal et un peu plus fort dans la région des services de l’Etat, et deux fois moindre des organismes de protection sociale), alors que la mise à disposition de biens ou services en nature comme l’appel à des ressources propres y sont moins courants. Le coût est rapporté dans à peine 43% des cas (59% en national). Il est donc difficile d’interpréter l’apparente supériorité des budgets en PACA (52% des cas renseignés à 500 € ou plus contre 42% en France ; 21% vs 15% à 5000 € ou plus).
|
- Dans la région, 40,1 % des actions recensées ont reçu des subventions publiques, 10,3 % se sont appuyées sur des mises à disposition de biens ou de services en nature, 18,5 % sur des ressources propres (en partie ou exclusivement et 33,9 % ne sont pas renseignées sur cette question. Ces chiffres étaient respectivement de 43,6 %, 14,5 %, 24,3 % et 25,2 % au plan national (soit 9 régions couvertes).
- Pour les 128 actions qui ont bénéficié de subventions publiques, les financeurs ayant instruit les demandes ont été des services de l’Etat pour 69,5 % des actions ou des Collectivités territoriales (31,3 %), des Organismes de protection sociale (7 %) ou d’autres organismes (14,1 %).
- Parmi les 137 actions de la région pour lesquelles un budget spécifique a été précisé, celui-ci était de moins de 500 € (42,3 % des déclarations contre 52,3 % au plan national(*)), de 500 à 999 € (15,3 % contre 12,2 %), de 1000 à 4999 € (21,2 % contre 21 %) ou de plus (21,2 % contre 14,5 %).
|
|
Statistiques détaillées
|
|
Publics destinataires
|
On compte 142888 destinataires de ces actions sur le territoire, dont 87577 à 89559 (**) élèves ou étudiants.
(**) Intervalle estimé (cf. " Pour la lecture des résultats " dans les " Repères méthodologiques " en première page). |
Age des publics
|
% d'actions concernées
|
Ex : 6,6 % des actions de la région étaient destinées à des personnes de tous âges.
|
Région
|
National(*)
|
Personnes de tous âges
|
6,6 %
|
5,5 %
|
Enfants (moins de 11 ans)
|
3,1 %
|
6,4 %
|
Pré-adolescents (de 11 à 14 ans)
|
50,5 %
|
42,3 %
|
Adolescents (de 15 à 18 ans)
|
62,4 %
|
60,1 %
|
Jeunes adultes (de 19 à 25 ans)
|
27,3 %
|
29,3 %
|
Adultes (de 26 à 65 ans)
|
18,2 %
|
20,9 %
|
Personnes de plus de 65 ans
|
0,9 %
|
1,5 %
|
Activité des publics
|
% d'actions concernées
|
Ex : 74,3 % des actions de la région étaient destinées à un public scolaire ou universitaire.
|
Région
|
National(*)
|
Publics scolaires ou universitaires (hors apprentis)
|
74,3 %
|
77,3 %
|
Collégiens
|
47,6 %
|
43,7 %
|
Lycéens
|
22,9 %
|
27,8 %
|
Étudiants
|
5 %
|
8,2 %
|
Enfants ou adolescents approchés hors milieu scolaire
|
11,3 %
|
5,7 %
|
Apprentis
|
10 %
|
8,2 %
|
Actifs (salariés ou indépendants)
|
8,5 %
|
12,1 %
|
Autres publics
|
22,6 %
|
17,7 %
|
Publics relevant d’une institution sociale ou judiciaire
|
% d'actions concernées
|
Ex : 17,9 % des actions de la région touchaient des publics relevant d'une institution sociale ou judiciaire.
|
Région
|
National(*)
|
Publics relevant d’une institution sociale ou judiciaire
|
17,9 %
|
10,8 %
|
Public bénéficiaire de l'Aide sociale à l'enfance
|
0,3 %
|
1 %
|
Public sous mesure d'assistance éducative (1)
|
2,8 %
|
2,2 %
|
Autre public sous main de justice (2)
|
2,2 %
|
1,9 %
|
Jeunes en insertion (3)
|
5,3 %
|
2,4 %
|
Adultes en insertion (4)
|
3,8 %
|
2,4 %
|
Autres
|
8,2 %
|
4,5 %
|
(1) Action éducative en milieu ouvert, tutelle PJJ
(2) population carcérale, etc
(3) PAIO, mission locale
(4) relevant du RMI, de CHRS
|
|
Comme au plan national, les actions recensées visaient presque toutes des tranches d’âges précises et étaient majoritairement destinées aux adolescents (6 actions sur 10), ainsi qu’aux préadolescents, de manière plus spécifique à la région (51% contre 42%). De part et d’autre de cette double catégorie privilégiée des 11-18 ans, les jeunes adultes (concernés par plus d’une action sur 4), les 26-65 ans (moins d’une sur 5) et les enfants (3%) étaient un peu moins visés que dans l’ensemble des régions. Conséquence logique de ce ciblage plus important des 11-14 ans, les projets visant les actifs sont moins nombreux qu’au plan national (moins de 10%), et les trois quarts des actions sont dirigées vers des publics scolaires, avec une part un peu plus forte de collégiens et moins de lycéens et d’étudiants. Mais il faut remarquer une plus grande variété recherchée dans ces «jeunes» ciblés, en particulier dans l’approche hors filières généralistes (apprentis, «autres publics») et surtout en dehors du milieu scolaire, 2 fois plus important en PACA. Dans le même sens, et correspondant aux caractéristiques socio-économiques de la région, le public relevant d’une prise en charge institutionnelle sociale ou judiciaire est beaucoup plus visé en PACA, notamment les personnes en insertion.
|
|
Produits visés
|
Dans la région, 53,6 % des actions ont abordé l'ensemble des drogues (contre 46,3 % au plan national(*)).
|
Ex : 30,7 % des actions de la région abordaient l’alcool, exclusivement ou parmi d’autres produits.
|
|
Contrairement à l’ensemble des régions, les actions rapportées ici ont majoritairement favorisé une approche globale des consommations (tous produits). Lorsque des substances psychoactives étaient plus spécifiquement traitées, le tabac était la première visée, comme à l’échelle nationale (2 actions sur 5), mais c’est le cannabis (et non l’alcool, second au national) qui était ensuite le plus souvent abordé en PACA (un tiers des cas), ce qui est cohérent avec la part plus importante d’usagers réguliers qu’on y note. En revanche l’alcool, dont la consommation régulière ou l’abus répété à 17 ans est pourtant au moins aussi problématique dans la région qu’au plan français, y a été moins souvent traité (30%). Les autres produits ont été beaucoup moins fréquemment abordés, et dans des proportions proches de la moyenne nationale: ecstasy, Médicaments psychotropes, et «autres drogues» légèrement plus, autour d’1 fois sur 8, et produits dopants un peu moins, dans 5% des cas.
|
|
Acteurs impliqués
|
Commanditaires d’environ 7 actions sur 10, les établissements d’enseignement ne sont les opérateurs que d’un peu plus du quart d’entre elles, même si sur le terrain, leurs personnels (enseignants ou non) se retrouvent en fait plus souvent associés dans la mise en œuvre des projets. Comme au niveau national, des intervenants externes sont donc très souvent sollicités, mais la région se distingue d’une part par une présence bien plus forte des structures de soins et de celles généralistes d’éducation pour la santé, et d’autre part par une plus grande multidisciplinarité des professionnels impliqués. On constate également une plus grande variété parmi les commanditaires des projets, d’autres acteurs, dont les collectivités territoriales, se joignant plus souvent à la dynamique initiale.
|
|
Principaux opérateurs (1) |
% d’actions concernées
|
|
La région connaît une présence 2 fois plus forte des structures de soins (plus du tiers des cas), qui sont du coup les opérateurs les plus fréquents, devant les établissements scolaires (part comparable au national, autour de 29%, avec un peu plus de collèges), les associations spécialisées et les structures «Autres» (chacune un quart des actions, moins qu’en moyenne). Les structures généralistes d’éducation pour la santé sont plus souvent à l’œuvre en PACA (1 projet sur 7), et les services d’application de la loi à peine moins (un peu plus d’1 sur 6).
|
Ex : 28,8 % des actions de la région comptaient des établissements d’enseignement parmi les opérateurs, 20,4 % comptaient des collèges
|
Région |
National(*) |
Établissements d’enseignement |
28,8 % |
29,3 % |
Collèges |
20,4 % |
15,9 % |
Lycées |
8,2 % |
10,4 % |
CFA, Segpa et Erea |
2,5 % |
2,8 % |
EPLEA |
1,3 % |
1,6 % |
Structures associatives spécialisées
(ANPAA, Ligue cancer, …)
|
25,4 % |
30,8 % |
Structures d’éducation pour la santé généralistes
(Codes, …)
|
14,4 % |
9,8 % |
Services chargés de l’application de la loi
|
17,2 % |
20,4 % |
Organisme de protection sociale
|
3,1 % |
7,4 % |
Structures de soins (CSST, CCAA,…), d’écoute (PAEJ, Points Ecoute,…)
|
36,4 % |
18,1 % |
Autres (**) : centres sanitaires ou sociaux (5,6 %), entreprises privées ou publiques (1,3 %), autres services de l'État (0,9 %), services de collectivités territoriales (6 %), structures d’insertion (1,9 %), CIRDD (2,2 %), particuliers (3,1 %), Autres (12,9 %). |
23,8 % |
31,9 % |
(1) intervenant directement auprès des publics cibles ; (2) pour le territoire sélectionné
Profil des intervenants
En moyenne, les actions de la région associent 3,06 corps professionnels différents (contre 2,18 au plan national(*)).
|
|
L’implication de la communauté scolaire est supérieure à la moyenne, au-delà des cas où l’établissement est opérateur. Leurs structures plus sollicitées, les personnels d’éducation pour la santé et ceux du secteur social, éducateurs, animateurs et surtout psychologues, sont aussi plus impliqués, alors que les médecins addictologues le sont à peine autant. La participation d’agents des forces de l’ordre, un peu plus faible qu’au national, reste importante (environ 1 cas sur 5). Au final, les projets rapportés réunissant en moyenne plus de professions, même si les profils classiques y sont plus fréquents, la vaste catégorie «Autres» reste la plus citée (2 fois sur 5).
|
Ex : 31,7 % des actions de la région ont fait intervenir des enseignants.
|
|
Autres (2) : Médecins généralistes (2,8 %), médecins du travail (1,9 %), médecins d'autres spécialités (2,5 %), professionnels soignants (15,4 %), travailleurs sociaux (11,3 %), personnels de Justice (2,2 %), animateurs culturels (5,6 %), comédiens (9,1 %), aucune des professions citées (0,6 %).
|
(2) pour le territoire sélectionné
|
Principaux commanditaires (3) |
% d’actions concernées
|
|
Comme au national, les principaux commanditaires sont de loin les établissements d’enseignement (plus des 2 tiers des actions, avec, en lien avec le public décrit, une demande un peu plus forte des collèges). Le reste des commanditaires est plus varié dans la région, la rubrique «Autres» étant plus souvent renseignée (plus de 30% des cas) et les collectivités territoriales s’investissant elles aussi un peu plus.
|
Ex : 69 % des actions de la région comptaient des établissements d’enseignement parmi les commanditaires, 43,9 % comptaient des collèges
|
Région |
National(*) |
Établissements d’enseignement |
69 % |
73,3 % |
Collèges |
43,9 % |
39,1 % |
Lycées |
26,6 % |
28,8 % |
CFA, Segpa et Erea |
10 % |
9,8 % |
EPLEA |
3,4 % |
5,9 % |
Organismes de protection sociale, Services sanitaires ou sociaux |
0,3 % |
1,4 % |
Entreprises privées ou publiques |
3,1 % |
4,4 % |
Administrations ou institutions judiciaires |
4,7 % |
3,4 % |
Collectivités territoriales |
8,5 % |
5,9 % |
Autres (2): administrations de l'État non judiciaires (11,6 %), Syndicats de salariés (0,3 %), Compagnies d'assurances privées (0 %) et Autres (24,5 % |
30,7 % |
25,4 % |
(3) décidant des objectifs, coordonnant les moyens ; (2) pour le territoire sélectionné
|
Regard sur les pratiques de prévention au plan régional
|
Plus de 98% des actions rapportées affichaient au moins 2 objectifs. Les plus fréquents étaient d’améliorer les connaissances des publics (78% des cas), de stimuler la perception de la nocivité de certains produits ou contextes d’usage (74%), de faciliter les décisions individuelles (50%) et de rappeler la loi ou la réglementation (50%). Les techniques les plus utilisées étaient la diffusion de documents et la communication orale avec matériels ou supports audio-visuels, qui ont chacune concerné un peu plus de la moitié des actions (resp. 62% et 53%), et un peu plus loin les communications sans support (44%) et les méthodes participatives (43%). Moins souvent on trouve les jeux ou spectacles interactifs (24%) et les groupes de paroles (20%), et enfin l’organisation d’exposition ou d’événement ponctuel signalées dans seulement 10% et 8% des cas. La majorité des interventions a été d’assez courte durée : 56% ont rencontré leur public pendant 2h ou moins (19% 4h ou plus, 11% des déclarants n’ont pas su estimer cette durée). Si l’intégration et la pérennité des projets sont un peu supérieures à la moyenne, reste que plus des 2 tiers ne sont pas inscrits dans un programme plus large et qu’environ 5 sur 6 ne se répètent pas sur plusieurs années.Au plan méthodologique, la notion d’évaluation est bien partagée, puisqu’un peu moins de 9 actions sur 10 menées dans la région ont fait l’objet d’une évaluation, mais rarement confiée à une instance externe et indépendante.
|
Structuration et inscription dans le temps
Il ressort que 31,3 % des actions sont inscrites dans un programme comprenant plusieurs actions (contre 27,9 % au plan national(*)). De plus, 16,9 % sont également répétées plusieurs années de suite (contre 14,7 % au plan national(*)).
Développement des approches de prévention encouragées par la littérature :
Selon les déclarations des organisateurs, sur les 125 actions (39,2 %) visant à développer chez les publics la capacité à s’affirmer, de gérer la pression du groupe (compétences psychosociales), 50,4 % ont utilisé des méthodes participatives, comme préconisé. Ce pourcentage est de 52,1 % pour les actions recensées au plan national(*).
|
Évaluation, couverture et performance des actions de prévention
On estime que :
- 129264 à 131393 (**) personnes de 12 à 25 ans ont bénéficié des actions recensées (soit 15,9 % à 16,2 % de cette tranche d'âge dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur).
- 84887 à 86265 (**) collégiens ou lycéens de la région, inscrits pendant l'année scolaire de référence, ont bénéficié des actions recensées.
Enfin, 87,1 % des actions ont été évaluées (92,4 % d'entre elles l’ont été en interne). Parmi les actions recensées, 94,7 % ont été menées globalement de façon conforme aux prévisions.
|
(**) Intervalle estimé (cf. " Pour la lecture des résultats " dans les " Repères méthodologiques " en première page)
|
D’un territoire à l’autre
|
La première différence frappante entre territoires tient à l’inégale intensité de la prévention dans la région : si les Bouches-du-Rhône (13) ont enregistré près de la moitié des actions de PACA (150/319), on n’en a noté que 13 dans les Hautes Alpes (05), 19 dans les Alpes de Haute Provence (04) ou 29 dans le Vaucluse (84). Ces disparités reflètent en partie seulement la démographie régionale: ainsi, si on a compté 54 actions dans le Var (83) comme dans les Alpes Maritimes (06), aux populations proches, le public touché a été plus de 2 fois moins nombreux dans le second département. En comparant les départements où ont été signalés plus de 30 actions (pourcentages significatifs), d’autres contrastes apparaissent. Concernant le cadre, la part de non-réponse est très variable (de 11% à 43%), rendant difficile toute interprétation (inscription des projets dans le PRSP allant du simple au double entre le 06 et le 83, etc.). Il en va de même pour les financements et budgets (les actions du 13 semblent les mieux dotées, mais sont aussi les moins renseignées sur ce point –à peine plus d’un quart des cas-). Les publics prioritaires sont partout les jeunes, mais l’action auprès des préadolescents est bien plus fort dans le Var (2/3 des actions), où de manière générale ont été plus visées toutes les tranches d’âge jusqu’à 25 ans, donc plus souvent les publics scolaires et apprentis, et moins ceux relevant d’une prise en charge institutionnelle, cible à l’inverse très privilégiée (plus d’une fois sur 4) dans le 06.L’approche choisie a aussi assez nettement différée, puisqu’un peu plus de la moitié des actions du 06 abordaient spécifiquement un ou des produits (avec une priorité donnée au cannabis, dans presque 1 cas sur 2, suivi de près par le tabac et l’alcool), alors que dans le 13 les 2 tiers des projets privilégiaient un abord global des consommations (avec, quand des substances spécifiques étaient citées, une moindre place faite au cannabis, derrière le tabac). Le 83 est plus partagé, et place le cannabis après le tabac et l’alcool. Les établissements scolaires sont beaucoup plus commanditaires dans le 83 que dans le 13 et le 06 (85% des cas vs moins des 2 tiers), qui du coup se distinguent par des partenaires bien plus variés à l’origine des projets (dont les collectivités territoriales pour le 1er et l’administration judiciaire pour le 2nd). Au niveau des opérateurs, le 13 mobilise beaucoup plus les structures de soins (47% des cas), le 06 privilégie les intervenants « autres » (soignants et travailleurs sociaux) au détriment de l’éducation pour la santé, auxquelles le 83 recourt au contraire particulièrement, avec les associations spécialisées. Globalement, ce département se démarque par un nombre bien plus important de professionnels impliqués (3 fois plus que le 13). Sur les pratiques, on constate des actions plus longues et adressées à un public plus restreint dans le 13 (36% ont duré plus de 2 heures et 23% ont concerné 200 personnes ou plus, vs respectivement 17% et 46% dans le 83). En termes d’objectifs, si les 2 premiers sont toujours les mêmes, le rappel à la loi est bien plus important dans le Var (2 fois sur 3, contre 2 sur 5 dans le 13), où le développement des compétences psychosociales est aussi plus souvent visé. Enfin, les outils les plus employés sont partout la distribution de documents et les communications orales (avec un choix prépondérant des supports ou matériels audiovisuels uniquement dans le Var), mais aussi, à l’exception notable du 13, les méthodes participatives.
|
|
Observations
|
|
Particularités de l'enquête dans le territoire documenté :
Aucune école élémentaire n'a pas pu être sollicitée pour participer à l'enquête, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Les structures ont été identifiées par le CIRDD, avec le concours du chef de projet « drogues et dépendance », du rectorat et d’autres partenaires institutionnels.
Un courrier à la signature du chef de projet coordonnateur régional a été adressé à l’ensemble des structures identifiées comme ayant mené ou susceptibles d’avoir mené une action de prévention L’enquête, qui en est à sa première réalisation, sera renouvelée en 2009 et permettra de ce fait de voir des évolutions, au niveau global, des actions recensées à tout le moins dans le choix des cadres, des compétences mobilisées, des thématiques et méthodes. Ces résultats seront à comparer avec les rapports d’activité des plans MILDT des différents départements, afin de voir les caractéristiques distinctives des actions spécifiquement soutenues par la MILDT, en comparaison avec l’ensemble. Un état des lieux des actions portées par l’éducation nationale, s’agissant du dispositif spécifique de formation et d’accompagnement des équipes éducatives, au guide méthodologique de prévention des conduites addictives DESCO MILDT est en cours. Il nous donnera des indications sur l’extension de ce dispositif, en terme de nombre d’établissements concernés, et de formateurs internes à l’EN. La MILDT, la DRASS et l’ARH vont entreprendre courant 2008 un état des lieux des actions relevant du champ des addictions, intégrant le médico social, le sanitaire et la également la prévention. Une évaluation des actions au regard des besoins existant , si possible par territoire de santé, sera d’autre part engagée. Nous devrions donc disposer de cette étude régionale, éclairant de manière complémentaire ce que ReLION nous apporte d’ores et déjà.
Signification des sigles utilisés: ANPAA : Association Nationale de Prévention en Alcoologie et en Addictologie ARH : Agence Régional d’Hospitalisation CCAA : Centre de Cure Ambulatoire en Alcoologie CDO : Convention Départementale d’Objectif CFA : Centre de Formation des apprentis CEL : Contrat Educatif local CESC : Comités d’Education à la Santé et à la Citoyenneté CLSPD (ou CLS) : Contrat Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance CODES : Comité départemental d’Education pour la Santé CSST : Centre de Soins Spécialisés pour Toxicomanes DESCO : Direction de l’Enseignement SCOlaire DRASS/DDASS : Direction Régionale/Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales EREA : Etablissement Régional d'Enseignement Adapté FRAD/PFAD: Formateur Relais Anti Drogue/ Policier Formateur Anti Drogue INPES : Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé MILDT : Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie PRSP : Plan Régional de Santé Publique SEGPA : Section d'Enseignement Général et Professionnel Adapté SREPS : Schéma Régional d’Éducation Pour la Santé
|
|
Enquête ReLION
Recensement Local d'Indicateurs pour l'Observation Nationale
des actions de Prévention liée aux Usages de Drogues
(Tabac, Alcool, Médicaments Psychotropes, Drogues illicites et produits dopants)
|
|
|
Coordination
Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT),
Carine Mutatayi, Jean-Michel Costes, Mathieu Chalumeau
Conseil scientifique
Serge Karsenty (CNRS)
Auteurs
OFDT,
Carine Mutatayi
CIRDD d'Alsace
Elisabeth Fellinger, Ilhame Elaatmani
CIRDD de Bourgogne
Mélody Fourcault, Gérard Cagni
CIRDD de Bretagne
Cécile Fourdan, Chantal Amar
CIRDD de Champagne-Ardenne
Adeline Ménétrier, Christine Servanton, Micheline Mathieu-Vermote
CIRDD d'Ile-de-France
Sandra Nahon, Olivier Smadja
CIRDD du Limousin
Agnès Tallet, Salomé Bonneau
CIRDD de Midi-Pyrénées
Sophie Moreau
CIRDD de Provence-Alpes-Côte d'Azur
Mathieu Glaizal, Sarah Vernier, Étienne Zurbach
CIRDD de Rhône-Alpes
Chloé Hamant, Catherine Miachon
Maquette web
Thierry Delprat, OFDT
Coordination de l'architecture technique
Bernard Legoueix, OFDT
Secrétariat
Nadine Landreau, OFDT
www.ofdt.fr/relion/
Saint-Denis La Plaine, Octobre 2007
|
|
Les traitements statistiques présentés ici sont anonymes et assurés par l'OFDT.
Les commentaires liés aux données départementales, régionales et académiques sont rédigés par le Centre d’information régional sur les drogues et les dépendances (CIRDD) correspondant.
Ceux portant sur les données nationales sont rédigés par l’OFDT.
|
|
|