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Observatoire français des drogues et des toxicomanies

ORGANISME PUBLIC CHARGÉ DU RECUEIL, DE L'ANALYSE ET DE LA SYNTHÈSE DES DONNÉES RELATIVES AUX DROGUES ILLICITES, À L'ALCOOL, AU TABAC ET AUX JEUX DE HASARD ET D'ARGENT EN FRANCE



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 3  résultat de la recherche

Cannabis : conséquences

Synthèse


    Approche clinique : les effets d’une consommation de cannabis

    Les effets neuropsychiques du cannabis fumé apparaissent environ 15 à 20 mn après son inhalation chez un consommateur occasionnel, un peu plus tard chez un usager régulier.

    Une prise de cannabis entraîne en général une euphorie modérée et un sentiment de bien être suivi d’une somnolence mais aussi un affaiblissement de la mémoire à court terme et des troubles de l’attention.

    En fonction de la dose absorbée et de la tolérance du consommateur, la prise de cannabis entraîne une augmentation du temps de réaction, une difficulté à effectuer des tâches complètes et des troubles de la coordination motrice susceptibles d’augmenter les risques associés à la conduite. La prise de cannabis potentialise en outre les effets de l’alcool.

    Le cannabis diminue les capacités de mémorisation et d’apprentissage, mais une prise peut également donner lieu à des symptômes psychiatriques : hallucinations ; troubles anxieux très intenses. Une consommation soutenue peut conduire à un désintérêt pour les activités habituelles, à une fatigue physique et intellectuelle, à des difficultés de concentration et de mémorisation et à une humeur dépressive [1].

    À un niveau de consommation élevé, apparaît le risque de dépendance – psychique surtout – et peuvent survenir des problèmes relationnels, scolaires et professionnels. L’usage régulier de cannabis peut, par ailleurs, accompagner ou aggraver l’apparition de troubles psychiatriques [2].

Un nombre croissant de prises en charge dans les centres de soins


L’usage de cannabis conduit une partie des consommateurs à entrer en contact avec des structures ou des professionnels de santé. Ces usagers sont le plus souvent accueillis dans les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA). Ils sont aussi vus dans des services ou établissements hospitaliers sans centres spécialisés mais disposant de consultations ambulatoires en addictologie ou en médecine de ville. 

En 2010, les CSAPA ont reçu 38 000 personnes, principalement consommatrices de cannabis [3]. Plus de la moitié d’entre elles ont été vues dans le cadre d’une consultation jeunes consommateurs (CJC), dispositif géré, à quelques exceptions près, par les CSAPA. Créées fin 2004, les CJC proposent un accompagnement aux jeunes usagers de cannabis et d’autres produits (l’âge moyen des consultants avoisinant 23 ans) ainsi qu’à leurs familles. En pratique, le dispositif touche une majorité d’usagers de cannabis (92 %). La moitié du public reçu à la CJC est adressée par la justice : parmi eux, les jeunes majeurs (18-25 ans), de sexe masculin, consommateurs occasionnels de cannabis, sont majoritaires. Environ un tiers du public présente, à l’inverse, une dépendance au cannabis : il s’agit souvent de consultants plus âgés, venus spontanément ou adressés par un professionnel de santé. Cette frange du public comprend en outre une part plus importante de femmes. En dehors des CSAPA, des consommateurs de cannabis peuvent également être vus par des médecins généralistes. En 2009, 59 % d’entre eux déclarent avoir reçu en consultation au moins un patient au cours de l’année pour usage de cannabis [4]..

Les conséquences sur la morbidité et la mortalité

Des études montrent l’impact de la consommation de cannabis sur la santé dans plusieurs domaines : les accidents de la route, certains cancers, certaines pathologies de l’appareil circulatoire et respiratoire, et certaines pathologies mentales. Les effets peuvent être liés soit au principe actif du cannabis (Delta9-THC) soit aux substances résultant de sa combustion (goudrons). Les produits ajoutés au cannabis de manière intentionnelle (coupe) ou involontaire (contaminants) pourraient plus rarement intervenir dans l’apparition de pathologies.

- Les liens entre consommation de cannabis et accidents de la route ont été étudiés dans le cadre dans l’enquête SAM (Stupéfiants et accidents mortels de la circulation routière). Entre octobre 2001 et septembre 2003, tous les conducteurs impliqués dans un accident mortel de la route ont fait l’objet d’un dépistage en vue de savoir s’ils avaient consommé des stupéfiants. Au cours de la période d’enquête, 7 % de conducteurs impliqués dans un accident mortel se sont relevés positifs au cannabis (THC sanguin supérieur à 1ng/ml) parmi lesquels 2,8 % avaient également consommé de l’alcool. La prévalence du cannabis passe à 17 % chez les moins de 25 ans. La comparaison des conducteurs responsables à un groupe de conducteurs non responsables a permis de montrer que les conducteurs sous l’influence du cannabis ont 1,8 fois plus de risque d’être responsables d’un accident mortel que les conducteurs négatifs (IC 95 % = 1,4-2,3), le risque est multiplié par 14 en cas de consommation associée d’alcool (IC 95 % = 8,0-24,7) [5]. Ainsi, la consommation de cannabis peut être jugée responsable de 170 à 190 décès annuels par accidents de la route  à la fin des années 2000 [6]. L’étude SAM a permis par ailleurs de proposer une estimation de la prévalence du cannabis parmi l’ensemble des conducteurs « circulants » de 2,8 % (chiffre équivalent à celui de l’alcoolémie supérieure ou égale au seuil légal de 0,5g/l) [5,7].

- Sur le plan somatique, peu de pathologies ont été décrites comme étant en lien avec une consommation aigüe de cannabis. De rares risques d’infarctus du myocarde (où le cannabis interviendrait comme facteur déclenchant), de troubles du rythme voire d’accidents vasculaires cérébraux ont toutefois été cités. Les conséquences d’une consommation chronique de cannabis fumé, plus fréquentes, se rapprochent quant à elles des tableaux cliniques observés avec le tabac puisque sont retrouvés des risques de cancers (poumon et voies aérodigestives supérieures essentiellement ; vessie, prostate ou cancer du col utérin plus rarement) et de maladies respiratoires chroniques [8].

- Sur le plan psychologique, l’intoxication aiguë peut également donner lieu à des troubles anxieux, sous la forme d’attaques de paniques (bad trip) ou d’un syndrome de dépersonnalisation très angoissant. Rare, la psychose cannabique se manifeste par des bouffées délirantes ou des hallucinations visuelles avec agressivité, désorientation temporo-spatiale… Ces symptômes psychiatriques régressent le plus souvent avec l’arrêt des prises, mais sont parfois inauguraux de pathologies chroniques. La consommation régulière de cannabis peut constituer un facteur d’aggravation de toutes les maladies psychiatriques (augmentation du risque suicidaire, de désinsertion sociale, des troubles de l’humeur et anxieux). Une consommation chronique débutée au début de l’adolescence pourrait même entraîner un déclin cognitif irréversible. La consommation de cannabis serait un des nombreux facteurs (ni nécessaire, ni suffisant) qui favorisent la survenue d’une schizophrénie. Cependant, son rôle causal est encore l’objet de controverses. Le risque semble faible, mais augmenterait avec les quantités consommées et lorsque l’usage commence avant l’âge de 15 ans. Si plusieurs études ont montré une association statistique entre maladie psychotique et consommation déclarée de cannabis, la forte augmentation de l’usage de cannabis ne s’est pas accompagnée d’une augmentation de l’incidence des schizophrénies [9].

Conséquences sociales : première substance concernée dans les interpellations pour usage de stupéfiants.


Les interpellations pour usage de cannabis représentent toujours 90 % des interpellations pour usage de stupéfiants. Leur nombre a augmenté de 65 % par rapport à l’année 2000.En dehors des affaires d’usage, les services de police et de gendarmerie ont effectué 15 302 interpellations pour usage-revente et trafic de cannabis [10].


En dehors des problèmes avec la loi, les usagers fréquents de cannabis rapportent avoir eu des difficultés dans les études ou le travail au cours de l’année pour un peu moins de 40 % d’entre eux (souvent 7 %, parfois 30 %) [11].

Sélection de documents

[1] Risques, conséquences et effets liés aux usages de cannabis, in Cannabis Données Essentielles.

2006, Saint-Denis, OFDT, p.88-109

[2] Le Nézet O., « Cannabis » dans Drogues et addictions, données essentielles

OFDT, Saint-Denis, 2013, pp. 214-225.

[3] Palle C., Rattanatray M., Les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie, situation en 2010 et évolution entre 2005 et 2010.

OFDT/DGS, Saint-Denis, 2013, 89 p.

[4] Guignard R., Beck F., Obradovic I. Prise en charge des addictions par les médecins généralistes, in Gautier A. (dir.), Baromètre santé médecins généralistes 2009

Saint-Denis, INPES, 2011, p. 177-201

[5] Groupe SAM, et al., Stupéfiants et accidents mortels de la circulation routière (projet SAM). Synthèse des principaux résultats.

2005, Saint-Denis, OFDT, 39 p.

[6] Van Elslande P., Jaffard M., Fournier J.Y., Fouquet K., Nussbaum F., Perez E. et al., Stupéfiants et accidents mortels (projet SAM) : Analyse accidentologique des défaillances de conduite sous l'influence de l'alcool et/ou du cannabis.

OFDT, Saint-Denis, 2011, 67 p.

[7] Laumon B., et al., "Cannabis intoxication and fatal road crashes in France: population based case-control study".

2005, British Medical Journal, 331, p.1371-4.

[8] Sasco A., « Cannabis et risques somatiques » dans Cannabis, données essentielles.

2006, Saint-Denis, OFDT, p.90-96

[9] Brisacier A.C., « Morbidité et mortalité liées aux drogues illicites » dans Drogues et addictions, données essentielles.

OFDT, Saint-Denis, 2013, pp. 105-112.

[10] Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), données 2010 à 2012 non publiées.


[11] Bello P.-Y., et al., Les usagers fréquents de cannabis, éléments descriptifs.

2005, BEH n°20, InVS, p. 89-91.

Dernière mise à jour : août 2013


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