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Observatoire français des drogues et des toxicomanies

ORGANISME PUBLIC CHARGÉ DU RECUEIL, DE L'ANALYSE ET DE LA SYNTHÈSE DES DONNÉES RELATIVES AUX DROGUES ILLICITES, À L'ALCOOL ET AU TABAC EN FRANCE



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 3  résultat de la recherche

Cannabis : consommation

La consommation de cannabis en France

Estimation du nombre de consommateurs de cannabis en France métropolitaine parmi les 12-75 ans

Expérimentateurs

dont actuels

dont réguliers

12,4 millions

3,9 millions

1,2 millions

- Expérimentateurs : personnes ayant déclaré avoir consommé au moins une fois au cours de leur vie
- Actuels : consommateurs dans l’année

- Réguliers : au moins 10 consommations de cannabis dans le mois

La consommation de cannabis en population adolescente


Un quart des adolescents de 17 ans (20 % des filles et 30 % des garçons) déclarent avoir consommé du cannabis au cours du dernier mois [1], ces consommations ayant principalement lieu le week-end. Il existe également un lien entre fréquence et intensité de l’usage : si 24 % des jeunes usagers au cours du mois révèlent avoir fumé au moins trois joints la dernière fois, ils sont 71 % parmi les usagers quotidiens.

Le cannabis est la première substance illicite consommée. Son expérimentation progresse rapidement entre 12 et 18 ans. Elle offre des similitudes avec celle du tabac tout en se situant à des niveaux de fréquence inférieurs. Très faible entre 12 et 13 ans, elle s’intensifie nettement à partir de 14 ans [2]. Elle concerne aujourd’hui 42 % des jeunes de 17 ans contre 46 % en 2000. Toutefois un examen plus précis comparant 2005 et 2008 fait apparaître une baisse du niveau d'expérimentation aussi bien chez les filles que chez les garçons. Cette baisse du cannabis intervient après une assez longue période de diffusion de ce produit depuis le début des années 90, suivi d’une stagnation dans les années 2000. Quant aux usages réguliers des garçons et des filles de 17 ans, ils se situent en 2008 également en dessous du niveau de l’année 2000.

La consommation de cannabis des jeunes français est une des plus élevées d'Europe. Ainsi, avec 31 % des 16 ans scolarisés déclarant avoir déjà expérimenté le cannabis et 15 % qui déclarent une consommation au cours du mois, la France se situe parmi les tout premiers pays européens (respectivement à la 5ème et 3ème place pour les deux indicateurs) [3].


La consommation de cannabis en population adulte


L'usage de cannabis est surtout le fait des tranches d’âge les plus jeunes : au-delà de 45 ans, l’usage au cours de l’année s'avère très rare (1,7 % des 45-54 ans et 0,5 % des 55-64 ans). Par ailleurs, cette consommation concerne surtout les hommes, quels que soient la tranche d’âge ou le niveau d’usage observés (au-delà de 55 ans, les usages sont suffisamment rares pour que les différences entre les sexes ne soient plus significatives). Sur l'ensemble des 15-64 ans, l’usage au cours de l’année concerne 12 % des hommes contre 5,4 % des femmes [4].

Depuis le début des années 1990, l’expérimentation de cannabis a connu une hausse assez nette pour atteindre 25 % en 2000 puis 31 % en 2005 parmi les 15-64 ans. Cette diffusion a surtout été le fait des jeunes générations. Toutefois, ce mouvement semble s’être arrêté : l’expérimentation apparaît même en baisse pour les hommes âgés de 18 à 25 ans entre 2002 (61 %) et 2005 (56 %) alors qu’elle reste stable pour les femmes de cette tranche d’âge (37 % en 2002 et 39 % en 2005). Au-delà de cet âge, les personnes déclarant avoir expérimenté le cannabis s’avèrent plus nombreuses qu’auparavant. Le niveau d'usage régulier (au moins dix fois au cours des trente derniers jours) a connu une hausse significative entre 2000 et 2005 (passant de 1,7 % à 2,8 % des 15-64 ans), pour les hommes (passant de 2,6 % à 4,2 %) comme pour les femmes (de 0,8 % à 1,2 %) [4, 5].

L’usage de cannabis apparaît différencié suivant le statut socioprofessionnel des individus. Ainsi, les chômeurs apparaissent plus consommateurs que les actifs occupés du même âge ; de même, parmi les actifs occupés, ce sont les artisans et les employés qui affichent les plus hauts niveaux d’usage, alors que les plus faibles sont observés parmi les ouvriers [6]. Enfin, les étudiants apparaissent nettement sur-consommateurs de cannabis comparés aux actifs du même âge, présentant ainsi un profil d’usage de cannabis similaire à celui observé pour les ivresses alcooliques [8].

 

Usage problématique


Le questionnaire Cannabis Abuse Screening Test (CAST) permet de compléter sommairement la description des contextes d’usage en montrant que l’usage avant midi et l’usage en solitaire sont très répandus parmi les jeunes ayant déjà fumé du cannabis au cours de leur vie (respectivement six et quatre sur dix disent avoir déjà fumé dans ces circonstances), surtout parmi ceux qui déclarent fumer souvent du cannabis. Il permet aussi pour la première fois de fournir une estimation de la proportion de jeunes de 17-18 ans présentant des signes d’usages problématiques. Une telle caractéristique serait actuellement partagée par 9 % des filles et 18 % des garçons. Selon le CAST, 14 % des jeunes de 17-18 ans présenteraient ainsi des signes suggérant un risque élevé d’usage problématique, tandis que 6 % seraient engagés dans une consommation présentant un risque plus modéré de dériver vers un usage problématique [1].

Si les problèmes rencontrés sont plus fréquents parmi les gros fumeurs, ils ne sont pas absents des déclarations d’usagers moins intensifs. Les problèmes les plus fréquents sont les problèmes de mémoire durant les épisodes de consommation (environ trois expérimentateurs sur dix en ont déjà rencontré au moins une fois). Toutefois, pour la très grande majorité des usagers, ces problèmes restent rares. Les jeunes concernés par ces signes d’usage problématique semblent se distinguer des autres par une scolarité un peu plus difficile, des consommations de soins plus importantes dans le domaine de la santé psychologique. Ils semblent par ailleurs appartenir à un milieu social légèrement plus favorisé [1].

Sources

Les données présentées proviennent des enquêtes en population générale les plus récentes : les Baromètres santé 2000 et 2005 coordonnés par l’INPES [4, 5, 9], qui présentent l’intérêt de reposer sur un échantillon important , les Enquêtes sur la Santé et les Consommations lors de l'Appel de Préparation A la Défense (ESCAPAD, 2000, 2001, 2002, 2003, 2005, 2008) de l'OFDT [1, 10], permettent de faire annuellement le point sur les niveaux de consommation de substances psychoactives des jeunes de 17 ans et de présenter les évolutions récentes de ces pratiques à la fin de l’adolescence. Elles permettent également de proposer un atlas régional des consommations adolescentes [7] ; les enquêtes European School Survey Project on Alcohol and Other Drugs (ESPAD, 1999, 2003, 2007) de l'OFDT et de l'INSERM [2, 3], offrent pour leur part une observation des usages chez les jeunes adolescents, en particulier ceux âgés de 12 à 16 ans qui restent très majoritairement scolarisés.

Si l’observation des usages de cannabis s’est nettement améliorée depuis le début des années 1990, l’étude des facteurs associés et des liens entre les différentes formes d’usage de ce produit et les caractéristiques sociodémographiques d’une part, et les situations socio-sanitaires d’autre part, reste à approfondir.

Sélection de documents

Consommation de cannabis : niveaux, évolution, géographie. In: Cannabis, Données essentielles.

2006, Saint-Denis, OFDT, p. 18-38

[1] LEGLEYE S., SPILKA S.,LE NEZET O., LAFFITEAU C. Les drogues à 17 ans. Résultats de l’enquête Escapad 2008

Tendances, n°66, 2009, 6 p.

[2] LEGLEYE S., SPILKA S., LE NEZET O., HASSLER C., CHOQUET M., Alcool, tabac et cannabis à 16 ans - Premiers résultats du volet français de l'enquête ESPAD 2007

Tendances, n°64, 2009, 6 p.

[3] HIBELL B., GUTTORMSSON U., AHLSTRÖM S., BALAKIREVA O., BJARNASON T., KOKKEVI A., KRAUS L. Substance use among students in 35 European countries

The Swedish Council for Information on Alcohol and Other Drugs, 2009

 [4] BECK F., LEGLEYE S., SPILKA S., BRIFFAULT X., GAUTIER A., LAMBOY B., LEON C., WILQUIN J.-L. Les niveaux d’usage des drogues en France en 2005, exploitation des données du Baromètre santé 2005

Tendances, n°48, 2006, 6 p.

[5] BECK F., LEGLEYE S., PERETTI-WATEL P. Drogues illicites : pratiques et attitudes

In: Guilbert P., Baudier F., Gautier A. (dir.) Baromètre santé 2000, volume 2 : résultats. Vanves, CFES, 2001, p. 237-278.

[6] LEGLEYE S., BECK F. Différenciation des usages de produits psychoactifs au sein de la population active en France

Revue Toxibase, 2004, n°15, p. 12-15.

[7] BECK F., LEGLEYE S., SPILKA S. Atlas régional des consommations de produits psychoactifs des jeunes français - Exploitation régionale de l'enquête ESCAPAD 2002/2003

OFDT, 2005, 224 p.

[8] BECK F., LEGLEYE S., GUILBERT P., PERETTI-WATEL P. Les usages de produits psychoactifs des étudiants

Psychotropes, revue internationale des toxicomanies, 2005, Vol. 11, n°3-4, p. 31-51.


Dernière mise à jour : décembre 2009


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