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Observatoire français des drogues et des toxicomanies

ORGANISME PUBLIC CHARGÉ DU RECUEIL, DE L'ANALYSE ET DE LA SYNTHÈSE DES DONNÉES RELATIVES AUX DROGUES ILLICITES, À L'ALCOOL ET AU TABAC EN FRANCE



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 3  résultat de la recherche

Ecstasy et amphétamine : consommation


Synthèse

Une consommation présente mais limitée chez les jeunes


L'ecstasy

L'ecstasy est un produit globalement peu expérimenté (2,0 % des personnes âgées de 15 à 64 ans) en France. Cependant, le niveau d'expérimentation apparaît nettement plus élevé chez les jeunes adultes (3,7 % à 15-34 ans) que chez les plus âgés (0,6 % à 35-64 ans) [1]. Ce niveau apparaît en hausse depuis le milieu des années 1990 [2, 3]. Le nombre de personnes âgées de 12 à 64 ans ayant consommé de l'ecstasy au moins une fois au cours de leur vie est estimé à 800 000 personnes et celui des usagers au cours de l'année à 200 000 [1].

Les données issues d'ESCAPAD en 2008 montrent que parmi les jeunes âgés de 17 ans, 2,1 % des filles et 3,6 % des garçons déclarent avoir consommé de l'ecstasy au moins une fois dans leur vie. Par rapport à l'enquête menée en 2005, ces taux ont sbaissé, tant chez les filles (2,8 % en 2003) que chez les garçons (4,2 % en 2003) [4, 5, 6]. Entre 2000 et 2005, l'expérimentation de ce produit avait nettement progressé. Les usages récents s'avèrent relativement faibles en 2008, 0,9 % des jeunes de 17 ans en ayant pris au cours des trente derniers jours.


Les amphétamines

La fréquence de l'expérimentation d'amphétamines en population générale est relativement faible (1,4 % des personnes de 15 à 75 ans). Elle apparaît relativement stable en fonction de l'âge entre 20 et 65 ans, autour de 1,5 % [8].

Chez les jeunes de 17 ans, l'expérimentation est de 1,9 % chez les filles et de 3,5 % chez les garçons. On observe une augmentation par rapport aux résultats de 2005 (1,8 % chez les filles et 2,6 % chez les garçons) [4, 5, 6]. L'expérimentation de ce produit avait également progressé entre 2000 et 2005.


Un usage fréquent en milieu festif


Le milieu festif techno est un lieu de prédilection de l'usage d'ecstasy et d'amphétamine en France. Une enquête réalisée en 2004 parmi les usagers de substances psychoactives proches des courants musicaux "électroniques" montre que près de 68 % des personnes ayant répondu à l'enquête ont consommé au moins une fois de l'ecstasy dans leur vie et près d'un tiers en a fait usage au cours du mois précédant l'enquête. S'agissant des amphétamines, toujours selon la même enquête, la proportion d'expérimentateurs est moins importante, mais reste significative puisque celle-ci s'élève à 47 % tandis que la proportion d'usagers au cours du mois écoulé atteint plus de 13 %. S'il est difficile de dresser un profil type de l'usager d'ecstasy tant la diversité des milieux qui la consomme est grande, en revanche s'agissant des amphétamines, les observateurs opérant dans les milieux festifs font état d'un usage se déroulant plus volontiers dans le milieu des "free parties". Dans la population qui fréquente ce genre d'évènements, le speed apparaît comme un produit "fort" contrairement à l'ecstasy en comprimés, et réservé à des usagers avides de sensations fortes éloignés en tout cas du profil du jeune clubber du samedi soir adepte de l'ecstasy. Toutefois, depuis quelques années, les observateurs notent un développement de l'usage d'ecstasy chez des populations fréquentant les structures de première ligne dans les zones urbaines. En 2003, un tiers des personnes ayant participé à l'enquête auprès des structures de première ligne déclare un usage d'ecstasy au cours du mois écoulé.

Si les trois modes d'administration de l'ecstasy sont la voie orale ("gobage"), le sniff et l'injection, dans plus de neuf cas sur dix l'ecstasy est consommée par voie orale.

S'agissant des amphétamines, la forme "poudre" étant de loin la plus répandue, le sniff est logiquement le mode d'administration le plus pratiqué. L'injection semble marginale et ne toucherait, pour l'essentiel, que la frange la plus marginalisée des populations dites "nomades" ou "errantes".


Une part croissante des prises en charge en centre spécialisé


Entre 1998 et 2002, la part des stimulants comme produits à l'origine de la prise en charge d'un nouveau patient dans les CSST (Centres de soins spécialisés pour toxicomanes) est passée de 8,9 % à 10,5 %. Pour les amphétamines, elle est passée de 2,3 à 2,5 % dont, pour l'ecstasy, de 0,9 à 1,5 % [7].


Sélection de documents

1. BECK F., LEGLEYE S., SPILKA S., BRIFFAULT X., GAUTIER A., LAMBOY B., LEON C., WILQUIN J.-L. Les niveaux d’usage des drogues en France en 2005, exploitation des données du Baromètre santé 2005 relatives aux pratiques d’usage de substances psychoactives en population adulte

Tendances n°48, 2006, 6 p.

2. BECK F., LEGLEYE S., PERETTI-WATEL P. Penser les drogues : perceptions des produits et des politiques publiques. Enquête sur les représentations, opinions et perceptions sur les psychotropes (EROPP) 2002

Paris, OFDT, 2003, 228 p.

3. BECK F., LEGLEYE S., Les adultes et les drogues en France: niveaux d’usage et évolutions récentes

Tendances n°30, 2003, 6 p.

[4] LEGLEYE S., SPILKA S.,LE NEZET O., LAFFITEAU C. Les drogues à 17 ans. Résultats de l’enquête Escapad 2008

Tendances n°66, 2009, 6 p.

5. LEGLEYE S., BECK F., SPILKA S., LE NEZET O.  Drogues à l'adolescence en 2005 - Niveaux, contextes d'usage et évolutions à 17 ans en France. Résultats de la cinquième enquête nationale ESCAPAD.

OFDT, 2007, 77 p.

6. BECK F., LEGLEYE S., SPILKA S. Drogues à l’adolescence : Niveaux et contextes d’usage de cannabis, alcool, tabac et autres drogues à 17-18 ans en France. ESCAPAD 2003

Paris, OFDT, 2004, 251 p.

7. PALLE C., BERNARD C., SEVENIER E., MORFINI H. CSST 1998-2001. Exploitation des rapports d’activité-type des Centres spécialisés de soins aux toxicomanes, 1998-2001

Paris, OFDT/DGS, 2003, 53 p.

8. BECK F., LEGLEYE S., PERETTI-WATEL P. Drogues illicites : Pratiques et attitudes. In : Guilbert P., Baudier F., Gautier A. (dir.) Baromètre santé 2000

Vanves, CFES, 2001, pp. 237-274.

Dernière mise à jour : décembre 2009


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