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Observatoire français des drogues et des toxicomanies

ORGANISME PUBLIC CHARGÉ DU RECUEIL, DE L'ANALYSE ET DE LA SYNTHÈSE DES DONNÉES RELATIVES AUX DROGUES ILLICITES, À L'ALCOOL, AU TABAC ET AUX JEUX DE HASARD ET D'ARGENT EN FRANCE



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 3  résultat de la recherche

Nouvelles drogues de synthèse : consommation

Synthèse

Stimulants

Même si les signalements de consommations de nouveaux produits de synthèse ont augmenté au cours de l’année 2010, leur diffusion semble encore rester localisée et limitée. Interrogés dans le cadre de la dernière enquête nationale ESCAPAD [1] (Enquête sur la santé et les consommations lors de la journée d'appel de préparation à la défense, OFDT), en 2008, les jeunes de 17 ans ne citent spontanément aucune de ces nouvelles drogues de synthèse. À ce jour, l’usage de ces produits semble cantonné à des populations très ciblées.
Les observations ethnographiques réalisées dans les milieux du clubbing homosexuel parisien, au cours du deuxième semestre 2009 [2] font état de l’émergence de la méphédrone dans les cercles d’initiés, gays en particulier [3].  Elle y est utilisée à l’instar des autres psychotropes, pour ces effets de type ecstasy (ecstasy-like) et particulièrement dans le cadre de pratiques sexuelles [4].
Les rares informations disponibles actuellement suggèrent également un intérêt certain pour ces substances de la part de personnes expérimentatrices « éclairées »de substances psychotropes, d’un âge compris entre 25 et 35 ans et insérées sur le plan social.
Par contre, jusqu’en mars 2010, en France, d’une manière générale, les usagers du milieu festif techno  [5] et en particulier les plus jeunes (16-20 ans) ne connaissent pas les legal highs. Le large écho accordé par les médias (écrits, audiovisuels et Internet) à partir d’avril 2010 a suscité la curiosité de certains usagers du milieu festif traditionnellement consommateurs d’ecstasy ou d’amphétamine.

Vers un dispositif adapté d’information :
Afin de documenter les consommations de ce type de produits, l’OFDT lance un projet d’observation qui devra mettre en perspective plusieurs sources d’information différentes :
- L’observation de terrain, à travers le dispositif TREND-SINTES qui depuis 10 ans documente les phénomènes émergents, notamment par l’investigation des espaces festif et urbain.
- Les saisies réalisées par le service des douanes qui, avec l’augmentation du transport des substances par fret, sont les premiers en mesure de détecter les nouvelles molécules ou de suivre les plus récentes.
- Internet : création d’indicateurs d’offre et de demande sur internet.

Cannabinoïdes synthétiques


Il existe très peu d’information sur les consommations de cannabinoïdes de synthèse. Ces produits ne sont pas signalés dans les enquêtes en population générale chez les jeunes (source ESCAPAD 2008). Ils ne sont pas non plus mentionnés par les populations fréquentant l’espace festif ou par celles des structures d’accueil et/ou de soin pour toxicomane.

Dérivés synthétiques de la cocaïne

Il existe très peu d’informations sur les consommations. Ces produits ne sont pas cités spontanément dans les enquêtes de consommation de drogues en population générale [1]  [6] ni dans les enquêtes dans les populations fréquentant les structures d’accueil et/ou de soin pour toxicomanes [7] [8].
L’OFDT a reçu depuis 2009 des signalements d’utilisation abusive de lidocaïne, non plus comme produit de coupe de la cocaïne, mais pour ses effets intrinsèques dans le cadre d’un usage récréatif. Les usagers y ont vu un effet « stimulant léger », « différent des amphétamines » [9]. A l’instar de la cocaïne, le mode d’administration est le sniff.

Sélection de documents

[1] LEGLEYE S., SPILKA S.,LE NEZET O., LAFFITEAU C. Les drogues à 17 ans. Résultats de l’enquête Escapad 2008

Tendances, n°66, 2009, 6 p.

[2] GANDILHON M., CADET-TAIROU A., LAHAIE E., CHALUMEAU M. Drogues illicites : les observations du dispositif TREND en 2009

Tendances, n°73, 2010, 6 p.

[3] La population fréquentant les espaces festifs gays est en effet particulièrement expérimentatrice et connaisseuse de produits psychotropes. La circulation de produit rare est favorisée dans ces groupes d'usagers par de fréquents voyages dans les capitales ou grandes métropoles européennes (Londres, Berlin, Barcelone…) et une certaine familiarité avec la commande de produits sur Internet (Poppers, GHB/GBL…).

[4] FOURNIER S., ESCOTS S. Homosexualité masculine et usages de substances psychoactives en contextes festifs gais

OFDT, 2010, 173 p.

[5] Raves, free parties, festivals, clubs, dancing etc.

[6] BECK F, GUIGNARD R., RICHARD J.-B., TOVAR M.-L., LE NEZET O., SPILKA S. Les nouveaux usages des drogues en 2010. Exploitation des données du Baromètre santé 2010 relatives aux pratiques d’usage de substances psychoactives en population adulte

Tendances, n°76, 2011 (à paraître), 6 p.

[7] TOUFIK A., CADET-TAIROU A., JANSSEN E., GANDILHON M. Profils, pratiques des usagers de drogues - ENa-CAARUD

OFDT, 2008, 47 p.

[8] CHALUMEAU M. Les CAARUD en 2008 - Analyse nationale des rapports d'activité ASA-CAARUD

OFDT, 2010, 21 p.

[9] LAHAIE E. Enquête SINTES 2009 sur la composition des produits de synthèse

OFDT, 2010, 48 p.


Dernière mise à jour : mai 2011


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