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Héroïne et autres opiacés : conséquences
Synthèse
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Approche clinique : les effets de la consommation d'héroïne ou d'autres opiacés
La consommation d'héroïne se traduit dans un délai très court par des sensations d'apaisement, d'euphorie et d'extase. Elle provoque ensuite une sensation de somnolence, parfois des nausées, des vertiges et un ralentissement cardiaque.
Avec la répétition des consommations, la tolérance au produit s'installe : le plaisir apportée par une dose devient de moins en moins important, l'absence de consommation provoque un état de manque de plus en plus intense. Le consommateur cherche alors à augmenter la fréquence et les doses pour combler cet état de manque et retrouver les sensations ressenties lors des premières prises. L'usager est devenu dépendant, sur le plan physique et psychique de l'héroïne.
L'absorption d'une dose trop importante d'héroïne (surdose) provoque une dépression respiratoire souvent mortelle. Le risque est encore accru lorsque la consommation de cette substance est associée à la prise d'alcool ou de benzodiazépines.
La consommation d'héroïne par voie injectable expose à des abcès et à des risques de contamination par le VIH, VHC et VHB.
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Les opiacés restent les produits le plus souvent en cause dans les prises en charge
En 2005, un peu moins de la moitié (45%) des patients vus dans les Centres de soins spécialisés pour toxicomanes (CSST) ont été pris en charge pour usage d'opiacés (héroïne le plus souvent mais également usage détourné de buprénorphine haut dosage, morphine et sulfates de morphine, codéinés). Une grande partie de ces consommateurs fait également usage d'autres substances (cocaïne, cannabis, ecstasy, alcool, benzodiazépines). La part des personnes accueillie pour un problème avec les opiacés a sensiblement diminué en valeur relative depuis 1998 : à cette date les opiacés étaient à l'origine de la prise en charge d'un peu moins des deux tiers des patients. Mais, compte tenu de l'augmentation des files actives dans les CSST, le nombre de personnes prises en charge pour un problème avec les opiacés est resté stable ou pourrait même être en légère augmentation. Ce nombre se situe entre 35 000 et 40 000 personnes en 2005 [1].
En 2007, les opiacés (sans la BHD et la méthadone, c'est-à-dire essentiellement l'héroïne) sont à l'origine de la prise en charge pour 38,7 % des consultants du système de soins spécialisé. Parmi les nouveaux patients des CSST, cette part est égale à 41,1 % et est stable entre 2005 et 2007. (Rapport TREND 2007-2009)
La mortalité par surdose d'héroïne a fortement chuté depuis les années 1990 mais reprend légèrement depuis quelques années
Le nombre de surdoses mortelles liés aux opiacés est stable en 2009 avec 40 décès contre 42 en 2008. Ces chiffres sont inférieurs à la réalité car certains décès ne sont vraisemblablement pas portés à la connaissance des services répressifs [2]. Parmi les 217 décès recensés par le dispositif DRAMES (non exhaustif) en 2008, l'héroïne est présente dans 36,4 % des cas, seule ou en association avec d'autres produits [3]. Les données de l'Inserm (CépiDc) font état pour 2007 de 32 décès liés aux opiacés (soit 11 %) et de 152 décès dus à la polyconsommation de drogues (soit 53 %).
Des interpellations pour usage qui recommencent à augmenter
Le nombre d'interpellations d'usagers d'héroïne est en baisse depuis le milieu des années 1990, le maximum ayant été enregistré en 1995, avec 13 457 interpellations, ce qui représentait 30 % des usagers interpellés. Mais la tendance semble s'inverser depuis 2003, avec tout d'abord un ralentissement de la baisse, puis des hausses successives : + 14 % en 2004 et + 20 % en 2005. Toutefois, la hausse continue des interpellations d'héroïnomanes s'achève en 2009 : le nombre d'usagers d'héroïne interpellés est de 7 115 (contre 7 827 en 2008), soit 5,2 % de l'ensemble des interpellations pour usage simple [2]. Concernant les autres opiacés, 38 interpellations d'usagers d'opium/morphine sont recensées en 2009, soit plus du double par rapport à 2008.
Sélection de documents
1. Palle C., Lemieux C., Prisse N., Morfini H., Les centres spécialisés de soins aux toxicomanes et les centres de cure ambulatoire en alcoologie en 2006.
2008, Saint-Denis, OFDT, 95 p.
2. Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), Usage et trafic des produits stupéfiants en France en 2009.
2010, Nanterre, OCRTIS, 75 p.
3. Janssen E., Palle C., Les surdoses mortelles par usage de substances psychoactives en France.
Tendances, 2010, n°70, 4 p
Dernière mise à jour : décembre 2010
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