Observatoire français des drogues et des toxicomanies
ORGANISME PUBLIC CHARGÉ DU RECUEIL, DE L'ANALYSE ET DE LA SYNTHÈSE DES DONNÉES RELATIVES AUX DROGUES ILLICITES, À L'ALCOOL ET AU TABAC EN FRANCE
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3 résultat de la recherche Toutes drogues : cadre légal et orientations publiques récentesSynthèseDrogues et législationDeux types de régimes juridiques régissent les drogues en France. L'usage, la détention et l'offre des drogues licites (alcool ; tabac) sont réglementés, sans être interdits. Les drogues illicites (héroïne, cocaïne, cannabis, hallucinogènes notamment) sont quant à elles soumises à un régime d'interdiction fixé pour l'essentiel par la loi du 31 décembre 1970, dont les dispositions ont été intégrées dans le code pénal et le code de la santé publique. Cette loi réprime tant l'usage que le trafic de toute substance ou plante classée comme stupéfiant (sans différenciation selon le produit), sans établir pour autant une définition claire permettant de distinguer l'usager du revendeur. La liste des produits stupéfiants visés par la loi
est établie par arrêté du ministre de la Santé, sur proposition du
directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des
produits de santé (AFSSAPS), conformément à la réglementation
internationale.
Le cadre législatif qui réprime l'usage de
stupéfiants (public ou privé) n'a pas été modifié depuis son origine :
c'est un délit passible d'une peine maximale d'un an d'emprisonnement
et d'une amende de 3750 euros. La répression de l'usage de stupéfiants dans certaines circonstances de la vie sociale a été accentuée, notamment dans une perspective d'amélioration de la sécurité routière (loi du 3 février 2003). Les dépistages sont obligatoires en cas d'accident immédiatement mortel ou en cas d'accident corporel lorsque le conducteur est soupçonné d'avoir fait usage de stupéfiants. Le régime de répression du trafic de stupéfiants s'est durci la fin des années 1980 : de nouvelles incriminations ont été créées et les peines prévues pour certaines infractions de trafic qualifiées de crimes ont été aggravées (jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle). Deux circonstances aggravantes sont prévues lorsque les faits sont commis auprès de mineurs ou dans des centres d'enseignement ou d'éducation, ou encore dans les locaux de l'administration. Par ailleurs, la fabrication et le commerce de produits "précurseurs" susceptibles d'être utilisés pour la fabrication de stupéfiants sont contrôlés depuis la loi du 19 juin 1996. Depuis mars 2007, la loi de prévention de la délinquance apporte de
nouvelles dispositions à l’encontre des usagers de drogues. D'une part,
elle donne au juge la possibilité de traiter les infractions à la
législation de stupéfiants par un mode procédural simplifié et accéléré,
débouchant, le cas échéant, sur une nouvelle sanction introduite par
cette loi : le stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de
produits stupéfiants, obligatoire et payant. D'autre part, elle élargit
le cadre d'application des mesures d'injonction thérapeutique, qui
peuvent désormais être prononcées à tous les stades de la procédure
pénale : de mesure alternative aux poursuites (occasionnant une
suspension de la procédure judiciaire), l'injonction thérapeutique peut
désormais être prononcée comme modalité d'exécution d'une peine, y
compris pour des personnes ayant commis une infraction en lien avec une
consommation d'alcool. Sur le volet de répression des infractions
préparatoires à l'usage impliquant des mineurs, la loi du 5 mars 2007
prévoit également des sanctions aggravées en cas de "provocation directe
à transporter, détenir, offrir ou céder des stupéfiants dirigées vers un
mineur" (jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende). Les
peines pour les infractions commises sous l’emprise d’un stupéfiant ou
en état d’ivresse sont également durcies. Sur les aspects relatifs à la
lutte contre le trafic, la loi organise des mesures d'investigation
nouvelles (recherches fondées sur l'utilisation des NTIC, achats
surveillés ou procédures destinées à dépister les risques en amont).
Orientations publiques récentesLe plan gouvernemental 2008-2011 de lutte contre les drogues et les toxicomanies comprend près de 200 mesures et recommandations en termes de prévention, répression, soins, recherche et coopération internationale.
La priorité est donnée à l'objectif d'éviter les entrées en consommation de drogues, les expérimentations étant de plus en plus précoces. Le Plan prévoit dans cette perspective des actions de prévention en milieu scolaire, périscolaire et étudiant avec des acteurs de santé, de la justice, de la gendarmerie et de la police, ainsi que des actions spécifiques en milieu professionnel (où, selon une étude spécifique, 20% des accidents et problèmes d'absentéisme seraient associés à des usages d'alcool, de psychotropes ou de stupéfiants). Le Plan cible plusieurs champs d'intervention : Plusieurs objectifs sont pointés : Le Plan 2008-2011 s'astreint à œuvrer dans le sens de trois grands objectifs : Alors que le Plan précédent (2004-2008) s'était fixé l'objectif d'une politique ciblant prioritairement les jeunes et la prévention, visant notamment à "casser l'expansion du cannabis" parmi les adolescents et les jeunes adultes, le Plan 2008-2011, sans renoncer à cet objectif, poursuit dans une approche fortement orientée vers l'application de la loi et la mise en œuvre d'actions de communication ciblées. Il s'inscrit par ailleurs dans la continuité du Plan de prise en charge et de prévention des addictions 2007-2011 du Ministère de la Santé adopté en novembre 2006 Les mesures de lutte contre le tabagisme et la consommation excessive d'alcool chez les jeunes inscrites dans le Plan gouvernemental de lutte contre les drogues ont été précisées par la loi dite "hôpital, patients, santé, territoires" (HPST), qui interdit notamment la vente d'alcool aux mineurs (article 93) et la vente de cigarettes aromatisées (article 98).
Repères législatifs et réglementaires
- Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (NOR: SASX0822640L)
Dernière mise à jour : juillet 2009 |
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