Fil d'Ariane
- Accueil
- Salle de presse
- Traitements par agoniste opioïdes en France - bila...
Le bilan annuel 2025 des traitements par agonistes opioïdes (TAO) présente des données concernant les prescriptions et les bénéficiaires en médecine de ville, mais aussi en Centres de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) et en détention. Il met par ailleurs en évidence les difficultés d'accès à ces traitements.
En 2024, le nombre de personnes ayant bénéficié d’un remboursement de TAO en médecine de ville* atteint 154 331, un chiffre en légère baisse par rapport aux années précédentes. La délivrance de BHD seule reste la plus élevée - 52,8% des bénéficiaires - mais elle tend à diminuer. Celle de méthadone augmente et atteint 46,6%, sous forme gélule principalement. La délivrance de BHD en association avec la naloxone demeure marginale (2,3%). Les remboursements pour l’ensemble s'élèvent en 2024 à 71,9 millions d’euros, un chiffre en baisse depuis 2012.
Ces bénéficiaires sont principalement des hommes (à 76 %), âgés de 46,3 ans en moyenne, un chiffre en légère augmentation par rapport aux années précédentes. Près d’un tiers d’entre eux a bénéficié de la complémentaire santé solidaire gratuite (C2S), et un dixième de la C2S participative. Ils sont 7,8% à avoir initié leur TAO en 2024, tandis que 67,9% l’ont initié il y a huit ans ou plus.
Par ailleurs, un tiers des bénéficiaires ont été pris en charge pour une affection longue durée (ALD) active en 2024. Parmi eux, 28,7% l’étaient pour une ALD liée à un trouble psychiatrique. Hors ALD, 62 % des bénéficiaires ont eu aussi au moins une délivrance d’un anxiolytique, antidépresseur, hypnotique ou antipsychotique (contre 21,6 % dans la population générale), et 2,2% une prise en charge pour infection par le VIH (un chiffre estimé à 0,5% en population générale). Ils sont aussi plus nombreux à avoir été hospitalisés (23,5% versus 17,8%).
C’est dans les départements des Régions Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et dans le département de Charente-Maritime que la part des bénéficiaires de TAO est la plus importante (entre 700 et 1 100 bénéficiaires pour 100 000 habitants âgés de 15 à 64 ans). La plus faible densité de personnes bénéficiaires de TAO est observée en Ile-de-France, et dans les territoires ultramarins (155 et 63 bénéficiaires pour 100 000 habitants âgés de 15 à 64 ans).