Start of main content

Cannabis thérapeutique

Usage de la plante de cannabis dans un cadre médical.

Une expérimentation du traitement à l’aide de cannabis à usage médial, pilotée par l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM), a été autorisée en France en octobre 2019. Cette expérimentation a été plusieurs fois prolongée et devrait être close fin décembre 2024. Les patients ont été inclus du 26 mars 2021 au 26 mars 2024.

Les effets étudiés sont ceux des molécules de THC et de CBD, dont il existe deux modes d’administration :

  • L’inhalation par vaporisation de sommités fleuries séchées, à l’aide d’un vaporisateur. La vaporisation, par rapport à la voie fumée, évite la formation des produits de combustion responsables d’une part importante de la toxicité de la consommation du cannabis et évite l’ajout de tabac qui a sa propre toxicité.
  • La voie orale : huile ou comprimés contenant du THC et du CBD.

Les indications sont très codifiées. Le cannabis peut être prescrit en cas de manque d’efficacité ou de mauvaise tolérance de toutes les autres solutions thérapeutiques accessibles, médicamenteuses ou non, pour les symptômes suivants :

  • les douleurs neuropathiques (réfractaires aux thérapies accessibles) ;
  • certaines formes d’épilepsie sévères (et pharmaco-résistantes) ;
  • certains symptômes rebelles en cancérologie, liés au cancer ou à ses traitements ;
  • des situations palliatives (où l’on soulage au maximum la personne qui va décéder) ;
  • en cas de spasticité douloureuse (spasmes, contractures, raideur musculaire…) de la sclérose en plaques ou d’autres pathologies du système nerveux central.

La prescription initiale est réservée aux médecins formés spécifiquement, appartenant aux centres de références autorisés et prenant en charge des patients pour au moins une des cinq indications ci-dessus. L’ordonnance peut être renouvelée pour une durée de 28 jours maximum par un médecin choisi par le patient.

En dehors de la plante de cannabis, plusieurs médicaments qui contiennent du THC et/ou du CBD ont une autorisation de mise sur le marché en France.

Le Marinol® (dronabilone, c’est-à-dire du THC synthétique) est commercialisé en France sous forme de capsule. Ses indications sont les douleurs neuropathiques centrales ou périphériques et, en traitement de deuxième ou troisième intention il peut être utilisé comme antalgique (douleurs dites nociceptives), antiépileptique, antidépresseur… Il n’est prescrit que dans de rares cas, après une demande d’autorisation d’accès compassionnelle (AAC) à l’Agence nationale des médicaments et des produits de santé, et uniquement par des médecins exerçant dans un centre anti-douleur.

Le Sativex®, spray buccale contenant du THC et du cannabidiol (CBD) ou du nabiximols extraits du cannabis, a reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) en 2014, avec pour indication le soulagement des contractures (spasticité) résistantes aux autres traitements, chez les patients atteints de sclérose en plaque. Son évaluation a conclu à un service médical rendu faible. Il n’est toujours pas commercialisé en 2024.

L’épdyolex® (cannabidiol et traces de THC) dispose d’une AMM européenne depuis 2019, comme traitement associé à d’autres médicaments, dans le cas de certaines crises d’épilepsies. Il se présente sous forme de solution buvable. Sa prescription initiale hospitalière est réservée aux neurologues et neuropédiatres.

Note : L’autorisation d’accès compassionnel (AAC) est l’une des possibilités d’accès dérogatoire à un médicament « sans autorisation de mise sur le marché (AMM) en France (et sans demande d’AMM prévue) ou bien dans une indication particulière pour traiter des maladies graves ou rares lorsqu’il n’existe pas de traitement approprié, que le patient ne peut être inclus dans un essai clinique et que la mise en œuvre du traitement ne peut pas être différée ». Pour en savoir plus sur l'AAC, voir le site : sante.gouv.fr