Start of main content

Fumer, Fumée

Fumer une substance est le fait de la consommer en inhalant la fumée issue de sa combustion. Quel que soit le produit fumé, la fumée issue de la combustion contient une part très importante de substances nocives absorbées par le fumeur.

La fumée est inhalée, c’est-à-dire inspirée jusqu’aux poumons, où une part de ses composants sont absorbés au niveau des alvéoles pulmonaires et passent dans le sang très rapidement.

Ce mode d’usage concerne essentiellement des plantes : tabac, cannabis, éventuellement des mélanges de plantes. Marginalement, certaines autres substances comme le crack ou encore des cannabinoïdes de synthèse sont parfois placées dans une cigarette de tabac ou dans un joint de cannabis, pour être fumées.

Que contient la fumée ?

Une substance, lorsqu’elle est chauffée jusqu’à son point de combustion (température minimale nécessaire pour obtenir une combustion), brûle en dégageant une fumée (ou aérosol dit carboné). Cette fumée est le résultat d’une combustion incomplète. En effet, la combustion complète d’un produit organique est une réaction de celui-ci avec l’oxygène (O2) qui ne génère que de la vapeur d’eau et du dioxyde de carbone (CO2). Dans la réalité, la combustion est, le plus souvent, majoritairement une combustion incomplète. La réaction de combustion incomplète résulte d’une quantité insuffisante d’oxygène pour que se réalise une véritable réaction de combustion, alors que la température du combustible est supérieure au point de combustion. Cette réaction incomplète génère du monoxyde de carbone (CO) et des composés intermédiaires, issus de réactions chimiques complexes, qui se trouvent sous forme de gaz et de particules solides (goudron, particules fines). Plus la température est basse et proche du point de combustion de la substance, plus la part de combustion incomplète est élevée. La combustion incomplète est à l’origine d’une part importante des substances nocives retrouvées dans la fumée.

Certains composés présents dans la plante ne subissent pas de transformation. Ils sont simplement vaporisés sous l’effet de la chaleur, comme la nicotine et les nitrosamines spécifiques du tabac. D’autres comme les métaux lourds que la plante a tiré du sol pendant sa croissance, sont libérés lors de la combustion (cadmium, chrome, nickel…).

Enfin, la combustion s’accompagne d’une réaction de pyrolyse, plus ou moins importante. Cette réaction, distincte d’une combustion, résulte du chauffage d’une substance organique, dans certaines conditions, sans oxygène ou dans un milieu très pauvre en oxygène. Elle ne produit ni flamme, ni chaleur propre, mais dégage des produits de dégradation, similaires dans l’ensemble à ceux qui se dégagent d’une combustion incomplète, particulièrement des goudrons et de l’acroléine, substance très irritante pour les voies respiratoires. La pyrolyse est la principale réaction chimique pourvoyeuse de composés nocifs lors de la consommation du tabac chauffé.

La fumée générée par une cigarette de tabac est celle dont la composition est la mieux connue. Elle contient, en plus de la nicotine, plus de 7 000 composés connus, dont au moins 70 molécules sont cancérigènes, comme le benzène, le formaldéhyde, l’acétone… Un certain nombre de composés chimiques, comme l’acide cyanhydrique sont responsables d’inflammation des voies respiratoires. Les goudrons, qui contiennent eux-mêmes une part de ces nombreuses substances toxiques, entraînent des lésions de l’appareil respiratoires, en adhérant aux parois…

Différence entre fumée et vapeur

Des alternatives à la production de fumées (par combustion) se sont développées, au profit d’aérosols comme la cigarette électronique pour le tabac ou de vapeurs comme les vaporisateurs pour le cannabis. En effet, alors que la combustion est une réaction chimique qui produit de nouveaux composés, la vaporisation par chauffage est un changement d’état (physique) de la matière, sans production de nouvelles molécules. Par contre, la vapeur contient encore les molécules toxiques présentes dans le produit et éventuellement celles liées au conditionnement du produit final consommé (solvants ou molécules aromatiques des e-liquides, papier et additifs de la cigarette par exemple) ou au mode d’usage (bang artisanal en plastique, par exemple).

N.B.  Le terme « fumer » est aussi souvent utilisé de façon impropre pour désigner l’inhalation par voie pulmonaire des vapeurs d’une substance chauffée sans atteindre son point de combustion, c’est-à-dire non brûlée (par exemple, crack ou héroïne) (voir le terme « Chasse au dragon »).