Les produits du tabac chauffé sont des dispositifs destinés à l’inhalation d’aérosols obtenus par chauffage de substances à base de tabac. Ils comportent le tabac à chauffer et les dispositifs de consommation.
Le développement de ces dispositifs s’inscrit dans les efforts fournis par les industriels du tabac pour développer de nouveaux produits, présentés comme des alternatives plus saines à la consommation de tabac fumé (cigarette, tabac à rouler, chicha…) afin de faire face au recul du marché du tabac à fumer.
Le principe mis en avant par les sociétés qui commercialisent ces dispositifs (heat-not-burn) est le chauffage du tabac à une température suffisante pour dégager un aérosol contenant de la nicotine, tout en restant inférieure à 350°C (point de combustion du tabac), pour ne pas entraîner de combustion (voir le terme Inhalation). En effet, c’est la réaction de combustion (incomplète) qui est à l’origine d’une part importante des composés nocifs présents dans la fumée (voir le terme Fumer/Fumée).
Il existe plusieurs dispositifs, aux caractéristiques différentes, dont les plus connus ont été développés par trois firmes de l’industrie du tabac.
Le tabac à chauffer est composé de tabac reconstitué à partir de poudre et d’additifs divers (glycérol, propylène glycol, fibres de cellulose…). Depuis 2023, le Code de santé publique (article L 3512-16) a étendu au tabac à chauffer, qui en était jusque-là exempté, l’interdiction de tout ajout d’un arôme caractérisant (une odeur ou un goût clairement identifiable autre que celle ou celui du tabac).
Les études ont montré que le chauffage rapide du tabac par les dispositifs à hautes températures est à l’origine d’une pyrolyse. Il s’agit d’une décomposition de la matière organique sous l’effet du chauffage, dans un environnement très pauvre en oxygène. Cette pyrolyse, résultat de réactions chimiques complexes, produit des composés nocifs qui sont, dans l’ensemble, les mêmes que ceux présents dans la fumée de cigarette et dont beaucoup sont cancérigènes. (Voir les termes Inhalation et Fumer/Fumée)
La composition précise des aérosols varie selon les dispositifs, la composition des tabacs à chauffer ou encore selon les réglages de température. Les composés présents dans l’aérosol dégagé par un stick (ou une unité de consommation) de tabac à chauffer sont, pour la plupart, en quantités très inférieures à celles de la fumée de cigarette, en partie parce que les sticks sont plus petits. Par contre, certaines molécules ont été retrouvées en quantités très supérieures à celle de la fumée de cigarette et d’autres composés absents de la fumée de cigarette sont identifiés dans les aérosols dégagés par le tabac chauffé.
Dans les aérosols ainsi produits, la quantité de goudron est réduite par rapport à la fumée de cigarette. La concentration des aérosols en hydrocarbures aromatiques polycycliques et en composés organiques volatils est très réduite dans leur ensemble mais certaines molécules restent à des niveaux importants, en particulier l’acétaldéhyde, fortement cancérigène. Parmi les substances pouvant être présentes dans les aérosols, on retrouve celles issues des additifs : du glycérol en quantité deux fois plus élevée que dans la fumée de cigarette et du propylène glycol, absent de la fumée de cigarette, tous deux potentiellement nocifs (principales sources : Berthet et al., 2018 ; Uchiyama et al., 2018 ; Lietzmann J. et Moulac M., 2023 ; Upadhyay et al., 2023).
Enfin, les molécules directement issues du tabac restent présentes dans l’aérosol dégagé par le tabac chauffé : la nicotine responsable de l’addiction, bien qu’à un niveau de près de 30 % inférieur à celui de la fumée de cigarette, et les nitrosamines spécifiques du tabac, très cancérigènes.
Toutes les études sont convergentes sur le fait que la concentration en composés nocifs de l’aérosol dégagé par le tabac chauffé est très supérieure à celle produite par la cigarette électronique.
Le tabac chauffé provoque des pics de nicotine chez les fumeurs, maintenant ainsi leur dépendance (voir le terme Nicotine).
Bien que les composés nocifs identifiés à ce jour dans les études soient en moindre quantité dans l’aérosol issu du tabac chauffé que dans la fumée de tabac fumé, les données actuelles ne permettent pas de conclure à une moindre nocivité par rapport au tabac fumé. En conséquence, l’usage de tabac chauffé n’est pas considéré comme un outil d’aide au sevrage du tabagisme ou de réduction des risques par rapport à la consommation de cigarettes manufacturés ou de tabac à rouler.
Les produits du tabac chauffés constituent une catégorie des Produits du tabac dans la législation européenne et française et sont donc concernés par les textes législatifs qui s’appliquent à tous les produits du tabac (voir Produits du tabac et produits connexes).
Sources
Voir aussi : Fumer/Fumée, Inhalation
Voir la synthèse des connaissances : Tabac, cigarettes, tabac chauffé, …