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Tabagisme passif

Le tabagisme passif est le fait d’inhaler de manière involontaire la fumée (dite fumée secondaire) dégagée dans l’environnement par une ou plusieurs personnes qui fument du tabac ou un produit du tabac. C’est également le fait, pour le fœtus, d’être exposés à l’effet toxique du tabac au cours de la grossesse.

La fumée secondaire est composée, pour une part, de la fumée expirée par le fumeur (environ 15 %), mais surtout de la fumée dégagée par la combustion de la cigarette allumée lorsqu’elle se consume seule, entre deux bouffées tirées par le fumeur*.

Lorsque le fumeur ne tire pas sur sa cigarette, la combustion se produit à une température plus basse que lorsque le fumeur tire sur sa cigarette. La part de combustion incomplète est alors beaucoup plus importante et la fumée est plus concentrée en résidus de combustion dont beaucoup sont particulièrement nocifs (monoxyde de carbone, benzène, aldéhydes, acide cyanhydrique…)**. Il en résulte que, si qualitativement la fumée secondaire contient les mêmes composés nocifs et cancérigènes que la fumée inspirée par le fumeur (plus de 4 000 composants, 70 cancérigènes recensés), certains d’entre eux y sont produits en quantité beaucoup plus importante (de 3 à 50 fois plus selon les composés et les sources) (voir le terme Fumer/Fumée).

La majeure partie de la fumée produite par une cigarette allumée se diffuse dans l’air ambiant. La fumée secondaire présente dans l’environnement est respirée involontairement par les non-fumeurs et responsable du tabagisme passif.

Il existe également une fumée secondaire lorsque le tabac est fumé par d’autres moyens que la cigarette, comme la consommation en narguilé (ou chicha). Il existe aussi une fumée secondaire spécifique au cannabis, ou à n’importe quelle plante fumée. L’usage de tabac chauffé expose également l’entourage aux composés nocifs de l’aérosol produits. Enfin, l’usage de la cigarette électronique produit également un aérosol secondaire.

On appelle fumée tertiaire les résidus de la fumée de tabac qui imprègnent les vêtements, les cheveux, les tissus, etc., retrouvés dans la poussière d’une pièce, les conduits d’aération… Il s’agit de substances chimiques qui adhèrent aux matières, ne sont pas éliminées par l’aération, s’accumulent et peuvent persister pendant des années sur certaines surfaces. Outre leur nocivité propre, ces résidus peuvent réagir avec d’autres agents chimiques dans l’air pour former des composés cancérigènes. Les jeunes enfants sont particulièrement exposés à la fumée tertiaire.

Principaux risques du tabagisme passif

L’impact du tabagisme passif sur les non-fumeurs dépend du contexte (aération du lieu par exemple), de l’exposition (durée, fréquence, modalités…) mais, il est fréquemment sous-estimé. Les données biologiques mettent en évidence la présence de nicotine (ou de cotinine, molécule issue de la dégradation de la nicotine dans l’organisme, plus fréquemment utilisée pour mesurer l’exposition au tabagisme) et de composés toxiques du tabac dans l’organisme des non-fumeurs exposés.

Lors d’expositions ponctuelles, la fumée secondaire est rapidement à l’origine chez le non-fumeur exposé d’irritation des voies respiratoires et des yeux, d’une augmentation de la fréquence cardiaque, éventuellement de toux, de nausées… qui durent au-delà de la période d’exposition (environ trois heures pour une heure d’exposition).

Le fœtus et le jeune enfant en particulier sont très vulnérables au tabagisme passif. Pendant la grossesse, le tabagisme de la mère s’accompagne d’un risque accru de petit poids à la naissance, de troubles du développement, de naissance prématurée (ou autres complications de la grossesse), de syndrome de mort subite du nourrisson (SMS) après la naissance. Un risque, plus modéré, est également présent en cas de tabagisme passif de la mère. Après la naissance, le tabagisme passif expose le nourrisson à un risque plus important de SMS. Les jeunes enfants de parents fumeurs sont davantage exposés que les autres aux affections respiratoires (infection oto-rhino-laryngologique (ORL), toux, respiration sifflante, crises d’asthme…). Le tabagisme passif est potentiellement en lien (association avérée ou probable) avec la survenue de certains cancers chez l’enfant.

Chez l’adulte, le tabagisme passif est associé à un sur-risque de décès prématuré. Il augmente le risque de cancer du poumon et a une responsabilité dans la survenue de certains cancers de la sphère ORL et dans le cancer du sein, particulièrement lorsque l’exposition a eu lieu avant la ménopause. Il entraîne un risque accru de pathologies cardiovasculaires (infarctus du myocarde…), de troubles respiratoires (fréquence des infections des voies aérodigestives supérieures, bronchopneumopathies chroniques obstructives, asthme…), diminution de la fertilité et de la fécondité.

Les contacts réguliers avec la nicotine pourraient participer au risque plus important d’entrée dans le tabagisme observé chez les enfants de parents fumeurs.

N. B.

* La fumée secondaire est parfois définie comme uniquement la fumée produite quand le fumeur ne tire pas sur sa cigarette, ce que d’autres auteurs désignent par courant secondaire (le courant primaire étant alors la fumée inspirée par le fumeur directement à partir de la cigarette, et le courant tertiaire, la fumée expirée par le fumeur).

** C'est le caractère incomplet de la combustion qui génère les substances nocives. La combustion incomplète découle d’une quantité insuffisante d’oxygène au moment où la température atteinte rend la combustion du produit possible. Plus la température est basse autour du point de combustion, plus la combustion est incomplète.