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Vapoter, Vapotage

L’action de vapoter (vapotage) fait référence à l’inhalation de l’aérosol (couramment appelé, à tort, vapeur) produit par une cigarette électronique. Plus généralement, le vapotage désigne l’usage de la cigarette électronique.

L’usage de la cigarette électronique s’est diffusé parmi les fumeurs de tabac au cours des années 2010, comme une alternative moins dangereuse à la consommation de cigarettes classiques. Vapoter apparaît, selon les données actuelles disponibles, beaucoup moins toxique que fumer des cigarettes classiques, mais n’est pas pour autant dénué de risques.

À l’inverse de l’aérosol dégagé par la cigarette électronique, la fumée du tabac est issue d’une combustion incomplète, à l’origine de la production d’un grand nombre de composés sous forme de gaz ou de particules solides, responsables d’une part majeure de la toxicité de la fumée de tabac.  La concentration de certaines substances toxiques dans l’aérosol produit par la cigarette électronique peut être réduite de plus de 90 % par rapport à la fumée de cigarette.

Vapotage et arrêt du tabac

La consommation d’e-liquide contenant de la nicotine à des dosages qui peuvent être choisis (et diminués progressivement) évite aux fumeurs dépendants la survenue d’un syndrome de sevrage à l’arrêt du tabac. Surtout, l’usage de la cigarette électronique vise à reproduire certaines sensations physiques associées à la cigarette de tabac (forme de la cigarette, gestes de la consommation, sensation de hit, production d’un aérosol…) qui peuvent faire, en eux-mêmes, l’objet d’une forme de dépendance. Toutefois, une irritation des voies aériennes est fréquemment rapportée.

L’usage de la cigarette électronique n’est cependant pas inscrit parmi les recommandations de bonne pratique de la Haute autorité de santé (HAS) comme un moyen d’aide au sevrage tabagique, du fait de données scientifiques jugées insuffisantes « à ce jour » pour apporter la preuve de son efficacité dans cet objectif (contrairement aux substituts nicotiniques déjà disponibles) (HAS, 2023) et pour en évaluer les risques. Sur le plan collectif, la représentation, erronée, de l’usage de la cigarette électronique comme une pratique non risquée, fait craindre un phénomène d’entrée dans le vapotage de personnes n’ayant jamais fumé, particulièrement les adolescents, qui s’exposeraient ainsi aux risques propres aux substances inhalées par cette voie et à un passage secondaire au tabagisme.

Risques pour la santé

Vapoter expose aux risques liés à l’inhalation des composés chimiques présents dans les e-liquides et/ou dans les aérosols.

En premier lieu, lorsque l’e-liquide contient de la nicotine (ou du THC), vapoter expose aux risques de ces molécules psychoactives et peut maintenir ou entraîner l’apparition d’une dépendance.

Certains e-liquides, notamment les plus dosés en nicotine, sont rendus plus acides pour favoriser la présence de la forme sel de la nicotine, moins irritante que la forme free base. Ceci, afin de limiter l’inconfort ressenti et d’amener les utilisateurs à inhaler de plus grandes quantités de nicotine (voir ce terme pour davantage d’explications).

Les autres substances chimiques présentes dans les aérosols inhalés et leur nocivité varient selon le dispositif utilisé, la température de chauffage, particulièrement déterminante, la composition des e-liquides (en particulier le rapport glycérol/propylène-glycol) ou encore les pratiques de chaque usager, ce qui rend méthodologiquement difficile l’évaluation d’un niveau de risque global. Et ce d’autant plus que de nouveaux produits apparaissent très rapidement sur le marché. En outre, le recul est insuffisant pour étudier les effets d’une consommation prolongée. L’essentiel des données disponibles est issu d’études expérimentales.

Les effets de plusieurs composés agréés pour l’alimentation (glycérine végétale, arômes…), de même que certaines molécules utilisées dans les cosmétiques, ne sont pas documentés lorsqu’ils sont chauffés à hautes températures et inhalés (absorption au niveau des alvéoles pulmonaires, doses absorbées, etc.). Le glycérol (glycérine végétale) et le propylène-glycol contenus dans les e-liquides se fragmentent à mesure que la température de chauffage s’élève (au-delà de 250°C environ), et forment de nouvelles molécules, en particulier des composés de type « aldéhydes » (formaldéhyde, acétaldéhydes, acroléine…). Bien qu’en quantités bien moindres que dans la fumée de tabac, ces molécules sont responsables d’irritation des voies respiratoires et ont des effets cancérigènes avérés. Des métaux lourds (cancérigènes) ont également été retrouvés dans des e-liquides, soit présents avant usage, soit provenant de l’usure ou de la détérioration de la résistance. Certaines molécules aromatiques subiraient, en chauffant, une pyrolyse (voir note ci-dessous) dégageant ainsi également des composés nocifs. Enfin la surchauffe des dispositifs de chauffage (dry hit), entraîne une pyrolyse du e-liquide qui augmente fortement la production de ces composés nocifs.

En outre, il existe un risque majeur d’intoxication, potentiellement létale, en cas d’ingestion par de jeunes enfants, d’un e-liquide contenant de la nicotine. Chez l’enfant, des troubles sévères et un risque de décès peuvent survenir à partir de l’ingestion de 1 mg de nicotine par kilo (soit 15 mg pour un enfant de trois ans par exemple).

NB L’usage d’e-liquides ne provenant pas d’un marché légal présente des dangers supplémentaires car leur composition est inconnue et le respect des normes réglementaires très incertain. C’est le cas des e-liquides contenant du THC, illicites en France, qui ne font l’objet d’aucun contrôle. L’élaboration de ses propres e-liquides par un usager présente des risques de même nature.

Note : Une pyrolyse est une décomposition de la matière organique sous l’effet du chauffage, dans un environnement très pauvre en oxygène. (Voir Inhalation).

Vapotage passif

La diffusion de l’aérosol dans l’air commence à être documentée, en cas de vapotage en intérieur (dépôts de nicotine et d’autres substances générées par les e-cigarettes sur les surfaces). Le vapotage passif est le fait, pour l’entourage du vapoteur, d’inhaler l’aérosol dit secondaire, qui se diffuse dans l’air ambiant. Alors que la fumée secondaire inhalée par un fumeur passif vient, en grande majorité, de la combustion de la cigarette entre deux inspirations du fumeur (voir Tabagisme passif), l’aérosol inhalé par le vapoteur passif proviendrait pratiquement uniquement de l’air expiré par le vapoteur, puisque l’aérosol n’est produit que lorsque le vapoteur inspire.

Cadre légal du vapotage

Le cadre légal du vapotage est détaillé dans la synthèse des connaissances consacrée à la cigarette électronique.

Pour aller plus loin

Voir aussi :  e-liquideCigarette électronique, Inhalation