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Substances psychoactives, usagers et marchés. Tendances récentes à Lille et dans les Hauts-de-France en 2025

Le dispositif TREND a pour objectif principal d'identifier et de décrire à travers des observations locales l'évolution des tendances et des phénomènes émergents liés aux produits psychotropes illicites ou détournés de leur usage.

Évolutions du trafic et des modalités d’approvisionnement des usagers

Le rapport 2025 décrit la place importante du fret postal pour s’approvisionner en drogues. Les colis contiennent généralement des quantités relativement restreintes et proviennent de pays variés selon le produit acheté (nouveaux produits de synthèse, cannabis ou encore cocaïne). Les douanes sont particulièrement attentives à ce phénomène, mais font face à un très grand nombre de saisies et à des innovations de la part des émetteurs. Le recours aux outils numériques (réseaux sociaux, applications de communication et textos) pour commander des drogues prend une place centrale. Tout type de profils recourt aujourd’hui à la livraison (à domicile ou en points de rendez-vous), des grands précaires aux plus insérés. Les vendeurs adaptent leurs « menus » et leur fonctionnement aux profils des consommateurs. La livraison se structure à partir de points de deal d’importance de la région, par exemple depuis la métropole lilloise. Néanmoins, beaucoup de réseaux de livraison se développent dans des villes plus petites, avec seulement quelques personnes impliquées.

Les usagers de drogues en situation de grande précarité de la ville de Lille continuent de s’engager dans les réseaux de trafic comme vendeurs de cocaïne et d’héroïne. Le phénomène se perpétue depuis quelques années et commence à être observé à Amiens.

Des points de deal sont recensés en dehors des grandes agglomérations de la région. Ils sont tenus par des trafiquants de la métropole européenne de Lille (MEL) ou par des locaux. Dans ce dernier cas, ils sont souvent moins structurés qu’à Lille, Roubaix, Amiens ou encore Compiègne.

Le fractionnement des doses vendues à l’unité, en particulier pour la cocaïne et le crack, est une pratique désormais répandue en points de deal. Les vendeurs de la région s’adaptent aux petits budgets des usagers qui les sollicitent le plus. Ces derniers peuvent trouver de la cocaïne et du crack (pour l’Oise) à partir de 20 €, 10 € et parfois même 5 €.

Espaces de la marginalité urbaine

Concernant les espaces de la marginalité urbaine, les usages de cocaïne basée y sont toujours omniprésents. En région, les profils sont variés et les motivations d’usage singulières. La réduction des risques et des dommages associée aux consommations reste un enjeu majeur. Les préoccupations se portent sur l’accompagnement des usagers vers l’utilisation du bicarbonate plutôt que l’ammoniaque pour transformer la cocaïne, sur une meilleure gestion des risques induits par la manipulation de l’ammoniaque et sur la question de la distribution des pipes en verre, restreinte par les budgets associatifs. Par ailleurs, les usagers ont recours à des techniques de majoration ou de rationalisation des effets de la cocaïne basée. Ils cherchent à amplifier l’effet ressenti ou au contraire à l’adoucir, à le faire durer. La ville de Lille se caractérise encore par la présence de lieux de regroupement, de consommations et de deal au sein de l’espace public. Certains se déplacent. Le dispositif Tendances récentes et nouvelles drogues (TREND) documente toujours leurs fermetures puis leurs réouvertures au rythme des démantèlements policiers.

L’année 2025 est marquée par le repérage d’usagers de drogues vulnérables mis en scène sur les réseaux sociaux. Ils sont filmés, la plupart du temps à leur insu et quelquefois en échange d’argent, de produit ou de nourriture. Des vidéos les montrent dansant dans la rue, se disputant, ayant des propos incohérents, consommant ou encore répondant à une sorte de micro-trottoir.

Le rapport présente également la persistance de difficultés d’accès aux traitements par agonistes opioïdes selon les territoires. Les acteurs de terrain mettent en oeuvre des stratégies pour compenser le manque de médecins prescripteurs, comme le recours à la téléconsultation.

Espaces festifs

Dans les espaces festifs technos généralistes, des publics divers continuent de se croiser, des LGBTQIA+ aux « go muscu ». En outre, les free-parties restent dans le viseur des forces de l’ordre et fragilisent la culture des fêtards. Dans ces espaces festifs technos, les usagers de drogues se tournent encore vers les comprimés d’ecstasy, au détriment des cristaux de MDMA. Ils consomment aussi de la cocaïne (et plus rarement de la cocaïne basée), bien que ce produit soit préféré par des publics souvent plus âgés et avec plus de ressources économiques. Plus accessible, la kétamine est 5 un produit de plus en plus utilisé. Elle est régulièrement la première drogue illicite consommée par les nouvelles générations de fêtards (en dehors du cannabis). Des usagers développent néanmoins des addictions et des complications physiologiques importantes. L’usage de cathinones en sniff est plus discret et, une nouvelle fois, marqué par la pluralité des molécules qui circulent.

Chemsex, dommages sanitaires

Le rapport prend le temps de revenir sur d’autres phénomènes. Il actualise les connaissances concernant le chemsex : produits consommés, profils, motivations, stratégies de réduction des risques et des dommages, conséquences négatives associées, etc. Il revient également sur la situation actuelle relative aux usages de protoxyde d’azote dans un contexte caractérisé par des accidents graves et par de la répression dans certaines villes. Enfin, il fait le point sur les cannabinoïdes de synthèse présents dans les e-liquides (PTC – « Pète ton crâne » –), Buddha Blue ou encore Spleen). Ces derniers sont consommés par les jeunes générations, mais aussi, parfois, par des consommateurs plus aguerris dans l’usage d’autres drogues, qui fréquentent les centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD). Enfin, en 2025, des cannabinoïdes purement synthétiques sont retrouvés dans des CBD (résines, sommités florales, etc.) vendus librement sur Internet mais aussi dans des boutiques physiques, contribuant ainsi à déstabiliser certains usagers et à mobiliser les autorités sanitaires. 

Type de publication
Rapports
Date de publication
Langue
Français
Auteur(s)
DUTILLEUL
Brandon
HERVÉ
Caroline
Edited by
OFDT
Cedragir
Nombre de pages
48
Drogue(s) et addiction(s)
Cannabis
Cocaïne et crack
Héroïne et opioïdes
Kétamine
MDMA/ecstasy et amphétaminiques
Nouveaux produits de synthèse
Autres
Thématiques
Offres et marchés
Prévention/Réduction des risques
Prise en charge sanitaire et médico-sociale
Usagers
Population(s) spécifique(s)
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