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Substances psychoactives, usagers et marchés. Tendances récentes à Lyon et en Auvergne-Rhône-Alpes en 2024

Le dispositif TREND a pour objectif principal d'identifier et de décrire à travers des observations locales l'évolution des tendances et des phénomènes émergents liés aux produits psychotropes illicites ou détournés de leur usage.

Trafics

Concernant l’organisation des trafics, le recrutement de personnes jeunes et/ou précaires pour des missions d’importation ou de revente au détail perdure. S’agissant de la gestion des points de vente dans plusieurs villes, la coopération et mutualisation entre réseaux observées dans les plus hautes strates n’empêchent en rien les tensions et violences au plus bas niveau. En parallèle, le développement de la vente par livraison et via les applications numériques se poursuit, caractérisé par un markéting toujours plus élaboré et une grande diversité de substances disponibles.
La disponibilité de la cocaïne continue de croître, notamment via la livraison et la vente fractionnée dans de nombreuses villes, et sa pureté est toujours plus importante. Le marché du crack ne s’est quant à lui développé nulle part en région. La MDMA circule largement et principalement sous forme d’ecstasy. La kétamine se diffuse toujours plus. Les cathinones sont aussi de plus présentes et leurs molécules se diversifient du fait de la moindre disponibilité de la 3-MMC (de nombreuses arnaques ont été répertoriées).
S’agissant du cannabis, les taux de THC restent élevés et les formes disponibles sont variées (concentrés de THC, cannabinoïdes hémi-synthétiques, etc.). Des cannabinoïdes de synthèse circulent à la marge, volontairement consommés (en poudre ou en e-liquide) ou en adultération d’autres produits (cannabis et héroïne). La circulation de fentanyl reste à l’état de rumeur.

Usagers en grande précarité

Les usagers en grande précarité sont toujours moins visibles dans les centres-villes, et déportent leurs espaces de vie et de consommation dans les zones périurbaines et à proximité des points de vente. Ils sont toujours plus nombreux à consommer de la cocaïne, majoritairement par voie fumée. Alors que le cannabis et l’héroïne sont régulièrement consommés, la MDMA, les amphétamines et le LSD restent occasionnels. L’usage de kétamine s’observe quant à lui de plus en plus. Les médicaments sont d’usage constant s’agissant de la méthadone, du Subutex®, du Skénan® et des benzodiazépines. La consommation de Lyrica® se diffuse principalement auprès des populations précaires en situation de migration. Les difficultés d’accès au soin, notamment en addictologie, sont toujours prégnantes, bien que des évolutions
positives soient mentionnées par endroit.

Espaces festifs techno

Les espaces festifs techno connaissent toujours une grande mixité de publics, d’ambiances, et d’usages de produits. La tolérance ou la répression vis-à-vis de ceux-ci varie fortement d’un événement à l’autre. Les consommations restent centrées pour l’ensemble des scènes sur le cannabis, la cocaïne et la MDMA. Les usages de kétamine et diverses cathinones sont plus présents et visibles. Les consommations d’amphétamines, de LSD, de GHB/GBL, de poppers, et de protoxyde d’azote sont moins fréquemment observées, celles de 2cB, de champignons hallucinogènes et de DMT se restreignent aux free-party et teknivals. Les problématiques sanitaires sont principalement liées à des surdoses de MDMA ou de kétamine, souvent en association avec l’alcool. Elles concernent aussi des complications liées à l’usage de cocaïne et de kétamine lorsqu’il déborde des temps festifs et devient plus régulier, voire quotidien.

Usages dans le cadre de pratiques sexuelles

Enfin, les usages de drogues dans le cadre de pratiques sexuelles continuent d’être mentionnées par de multiples profils d’usagers, quels que soient leur genre ou leur orientation sexuelle. Les tendances spécifiques au chemsex ne connaissent pas d’évolution notables quant aux profils des participants et aux modalités d’organisation, si ce n’est un recours plus fréquent aux caméras). Les consommations restent centrées sur les cathinones, le GHB/GBL et la kétamine. Les problématiques ont toujours trait aux surdoses, à la dégradation de l’état veineux (pour l’injection / « slam »), et au trouble de l’usage, avec des conséquences psychiques et sociales également. Des initiatives continuent de se développer pour améliorer la prise en charge de ces usagers, dans les services hospitaliers comme associatifs.

Type de publication
Rapports
Date de publication
Langue
Français
Auteur(s)
TISSOT
Nina
Edited by
OFDT
Oppelia 69 - RuptureS
Nombre de pages
63
Drogue(s) et addiction(s)
Alcool
Benzodiazépines
Cannabis
Cocaïne et crack
GHB
Héroïne et opioïdes
Kétamine
LSD et champignons
MDMA/ecstasy et amphétaminiques
Nouveaux produits de synthèse
Poppers
Protoxyde d'azote
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