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Substances psychoactives, usagers et marchés. Tendances récentes à Metz et en Grand-Est en 2024

Le dispositif TREND a pour objectif principal d'identifier et de décrire à travers des observations locales l'évolution des tendances et des phénomènes émergents liés aux produits psychotropes illicites ou détournés de leur usage.

Au-delà des tendances stabilisées et fréquemment rapportées par le dispositif TREND (augmentation du trafic, sophistication des méthodes d’approvisionnement, difficultés spécifiques rencontrées par les usagers des CAARUD, notamment face à la cocaïne basée, intensification de la répression dans le milieu festif dit « alternatif »), plusieurs éléments marquants se dégagent des observations faites en 2024.

Trafic de stupéfiants et modes d’approvisionnement

Si la circulation des drogues semble s’intensifier, les opérations « place nette » menées sur le territoire ont eu des effets contrastés. Bien qu'elles aient pu apporter un peu plus de tranquillité dans certains quartiers, elles ont parfois entraîné une reconfiguration des lieux de vente, avec la substitution de points de deal fixes par des vendeurs mobiles (« bendos ») et des modes opératoires plus éphémères. Il apparaît que l'impact de ces opérations est potentiellement plus notable dans les villes moyennes du territoire (Saint-Diédes-Vosges, Sarrebourg) que dans les métropoles de Metz et de Nancy. Un sentiment d’intensification de la violence est également rapporté par l’ensemble des acteurs concernés par le secteur du trafic (policiers, consommateurs, professionnels de l’addictologie…). Les aspects les plus
préoccupants de ce phénomène se manifestent à travers des faits de prostitution, et l’implication de personnes en situation de déficience intellectuelle dans les réseaux. La question des sites de type « head shop » ou « research chemical » – déjà signalée l’année précédente comme une « tendance récente » en matière d’approvisionnement de certaines substances psychoactives – est également mise en évidence, en extrapolant nos investigations sur les effets des produits proposés et les motivations des acheteurs.

Marginalité urbaine

Nous constatons une détérioration continue des problématiques (sanitaires, sociales, psychologiques) des usagers ainsi que de leurs conditions d’accueil et d’accompagnement particulièrement exacerbées par les difficultés rencontrées par les CAARUD concernant les relations avec les secteurs de la psychiatrie et la pénurie progressive de médecins prescripteurs de traitements agonistes opioïdes (TAO). Par ailleurs les questions liées aux spécificités de l’accueil du public féminin, mobilisent également les CAARUD de manière croissante.

Milieu festif

Peu de changements sont observés par rapport aux années précédentes (gentrification des lieux, augmentation de la consommation de kétamine), si ce n’est une meilleure acceptation des dispositifs de réduction des risques et des dommages (RdRD). Déjà soulignée l’année dernière au niveau des usagers, cette acceptation se manifeste désormais également auprès des institutions (préfecture, forces de l’ordre, pompiers).

Milieu rural

Des contrastes territoriaux persistent en termes d’accès aux soins, de disponibilité des produits et d’organisation des trafics. La consommation d’héroïne dans la Meuse, souvent mentionnée, semble actuellement en net recul chez les usagers fréquentant les CAARUD, au profit de la cocaïne basée, désormais perçue comme moins décevante en termes d’effets (l’héroïne vendue en milieu rural à destination de ces publics dépasse rarement les 3 ou 4 % de pureté). La kétamine semble également rencontrer de nombreux adeptes, jeunes habitants des villages notamment, dans le département de la Haute-Marne.

Produits

La consommation de tramadol a été fréquemment mentionnée dans nos observations (un focus spécifique lui est consacré à la fin de ce rapport). Cependant, un des constats réside, selon nous, dans les problématiques liées à la consommation solitaire et régulière de kétamine. Cette substance, souvent disponible à des prix abordables via des applications, n’est clairement plus cantonnée au milieu festif. Elle semble engendrer des troubles sanitaires, voire psychiatriques dont la
multiplication est préoccupante (comme nous l’avions déjà souligné l’année dernière) mais à une échelle plus importante. Au-delà de ces deux produits, les taux de pureté de l’héroïne semblent de plus en plus instables, la cocaïne continue d’être largement disponible sur le territoire à des taux de pureté analogues à ceux constatés ces dernières années, les résines de cannabis tendent également
à intensifier leurs taux de THC.

Type de publication
Rapports
Date de publication
Langue
Français
Auteur(s)
ZIELESKIEWICZ
Aurélien
Edited by
OFDT
CMSEA
Nombre de pages
52
Drogue(s) et addiction(s)
Cannabis
Cocaïne et crack
Héroïne et opioïdes
Kétamine
LSD et champignons
MDMA/ecstasy et amphétaminiques
Nouveaux produits de synthèse
Autres
Thématiques
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