Mis en place en 2005 par l'OFDT, le dispositif d’information RECAP permet de décrire les patients venus chercher de l'aide en CSAPA. Principal motif de consultation (alcool, tabac, cocaïne…) et caractéristiques sociodémographiques et cliniques des patients (âge, sexe, situation socioprofessionnelle, niveau d’études, origine de la prise en charge…) en 2023 et 2024 sont ainsi présentés dans ce bilan et mis en perspective avec les données de 2019. Ils confirment souvent des tendances longues.
Les CSAPA sont des structures médico-sociales spécialisées dans la prise en charge médicale, psychologique, sociale et éducative des personnes présentant des difficultés avec leurs conduites addictives. Ils sont portés par des associations (à 60 %) ou par des établissements de santé (40 %). En 2024, sur les 497 CSAPA existant, 253 ont contribué à l’enquête, permettant d’analyser les caractéristiques de plus de 190 000 patients, dont près de la moitié ont été vus pour la première fois en CSAPA en 2024.
Alcool, cocaïne, crack, addictions sans produit… des tendances en augmentation
En 2024, la consommation d'alcool demeure la principale cause de prise en charge en CSAPA, et elle est en augmentation (48,7% des nouveaux patients pris en charge en CSAPA en 2024, contre 45,3% des nouveaux patients pris en charge en CSAPA en 2019).
Si le cannabis, le tabac et l’héroïne demeurent les trois motifs suivants en 2024 (respectivement 20,3%, 6,5% et 5,7% des nouveaux patients), ils sont en perte de vitesse par rapport à 2019 (respectivement 24,6%, 7,4% et 7,8% des nouveaux patients).
A l’inverse de la cocaïne (4,8% en 2024, contre 3,3% en 2019), du crack/cocaïne basée (2,1% en 2024, contre 1,5% en 2019) et des addictions sans produit parmi lesquels les jeux d’argent et de hasard ou cyberaddictions par exemple (5,0% en 2024, contre 4,3% en 2019) qui constituent tous trois des motifs en augmentation.
Des hommes, presque quadragénaires, qui viennent d’eux-mêmes
L’enquête permet de montrer que les nouveaux patients en 2024 sont majoritairement des hommes (à 75,7 %), en moyenne âgés de 38,8 ans. Plus de la moitié (53,6%) travaillent, 11,1% sont au chômage et 11,6% retraités. La majorité a un niveau de diplôme inférieur au baccalauréat (56,5 %) et 22,8% ont un diplôme de l’enseignement supérieur. La précarité constitue un trait saillant du public des primo-consultants en CSAPA : 14,4% vivent dans un logement provisoire et 2,8% sont sans domicile fixe. Ils consultent le plus souvent de leur propre initiative (44,7%), puis en raison d’une obligation de soins (12,6 %) et seulement 7,7% d’entre eux sont adressés par leur médecin traitant. Ces caractéristiques varient assez fortement selon les substances pour lesquelles ils consultent en CSAPA.