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Substances psychoactives, usagers et marchés. Tendances récentes à Lyon et en Auvergne-Rhône-Alpes en 2025

Le dispositif TREND a pour objectif principal d'identifier et de décrire à travers des observations locales l'évolution des tendances et des phénomènes émergents liés aux produits psychotropes illicites ou détournés de leur usage.

Trafic

Les modalités de circulation des produits en région restent stables. Plusieurs agglomérations (Lyon, Saint-Étienne, Grenoble, Oyonnax, Clermont-Ferrand) structurent les circuits de redistribution régionaux. Les réseaux demeurent fortement segmentés et cloisonnés, avec un recours accru à de jeunes convoyeurs recrutés via les réseaux sociaux et à des outils technologiques sécurisés. L’offre locale se caractérise par une diversification continue des substances proposées et une optimisation des dispositifs de livraison, désormais étendus jusqu’aux zones rurales. Les modalités de paiement et de transaction se diversifient (cryptomonnaies, meet up, lockers, etc.), et les stratégies marketing se perfectionnent (supports publicitaires de qualité professionnelle, promotions, fidélisation…). Les points de vente fixes persistent malgré l’essor de la livraison, mais sont moins visibles du fait de l’activité accrue des forces de l’ordre. Les profils impliqués, toujours de plus en plus jeunes, restent marqués par la précarité et une forte mobilité régionale. Les tensions liées à la reprise de points de vente contribuent à une intensification des violences.
La disponibilité de la cocaïne s’accroît (livraisons et ventes fractionnées se développent partout en région) et son prix ne cesse de baisser, malgré un produit toujours plus pur. L’héroïne reste disponible, dans des qualités et des prix variables. La MDMA circule largement et principalement sous forme de comprimés d’ecstasy. La kétamine se diffuse toujours plus, avec un prix largement en baisse. L’offre de cannabis reste caractérisée par la diversification des herbes et des résines proposées, et par l’émergence de produits au THC (sirops, e-liquides, edibles). Des cas d’adultération par cannabinoïdes de synthèse associés à des effets indésirables importants sont signalés dans le cannabis et le CBD, mais aussi dans des e-liquides.

En contexte de marginalité urbaine

Les espaces de vie et de consommation des usagers en grande précarité se transforment sous l’effet de la pression policière et des recompositions des marchés. Originellement situés dans les centres-villes, ces espaces sont relégués en périphérie et à proximité des points de vente. Les consommations sont, par endroits, fortement visibles dans l’espace public. Elles concernent des publics diversifiés, dont des jeunes très vulnérables et des personnes exilées (maghrébines, géorgiennes). La cocaïne est le principal produit consommé, majoritairement sous forme fumée. Les opiacés et les médicaments (TAO, prégabaline, morphine) sont d’usage constant, et la kétamine poursuit son essor. Ces consommations s’accompagnent de complications sanitaires (infectieuses, respiratoires, psychiatriques, urinaires) et sociales (endettement, prostitution, isolement). Les conditions de vie se dégradent dans un contexte de saturation des dispositifs de soins et d’hébergement, de renforcement des mesures répressives et de difficultés d’accès aux services, accentuant les vulnérabilités.

En contexte festif

La scène festive régionale reste très hétérogène (free-parties, clubs, squats, festivals). Des formats hybrides se développent, influencés par des contraintes réglementaires et des risques répressifs croissants. Les publics évoluent, et des tensions peuvent naître de la coprésence de groupes aux affinités culturelles et politiques diverses. Les usages restent dominés par l’alcool, la cocaïne, la MDMA, le cannabis et la kétamine dans l’ensemble des scènes. Dans une moindre mesure, les cathinones sont fréquentes également. Les psychédéliques sont principalement présents en espaces alternatifs, de manière constante.

Les consommations en contexte sexuel concernent des publics variés et des cadres différents (sexparties, libertinage, au sein du couple…). Les principaux produits consommés sont le cannabis, les cathinones et la cocaïne, plus marginalement le GBL et la kétamine. Les pratiques de chemsex
restent, quant à elles, centrées autour des cathinones et du GBL, et fréquemment de la kétamine. Les complications sanitaires et sociales persistent, mais les pratiques de réduction des risques et des dommages et l’offre de prise en charge spécialisée continuent à se développer.

Les consommations de kétamine en dehors des cadres festifs et de protoxyde d’azote par des publics très diversifiés sont associées à des complications sanitaires spécifiques, décrites en fin de rapport.

Type de publication
Rapports
Date de publication
Langue
Français
Auteur(s)
TISSOT
Nina
Edited by
OFDT
Oppelia 69
Nombre de pages
55
Drogue(s) et addiction(s)
Alcool
Benzodiazépines
Cannabis
Cocaïne et crack
GHB
Héroïne et opioïdes
Kétamine
LSD et champignons
MDMA/ecstasy et amphétaminiques
Nouveaux produits de synthèse
Poppers
Protoxyde d'azote
Autres
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