Fil d'Ariane
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- Substances psychoactives, usagers et marchés....
Le dispositif TREND a pour objectif principal d'identifier et de décrire à travers des observations locales l'évolution des tendances et des phénomènes émergents liés aux produits psychotropes illicites ou détournés de leur usage.
Sur le marché local, on observe toujours quatre modalités d’achat de drogues illicites : le point de vente de rue (le plus souvent avec offre de livraison), le vendeur « à son compte » (avec ou sans livraison), les sites internet dédiés (avec envoi postal) et l’usager-revendeur (de la main à la main). Cette diversité des modalités de vente et d’achat permet une très grande disponibilité de tous les produits en région, mais une accessibilité relative selon les produits et les ressources des acheteurs. Le phénomène le plus marquant depuis 2020 est l’utilisation de systèmes cryptés ou d’applications sécurisées désormais utilisés par tous les points de vente pour annoncer leurs horaires, leurs prix, leurs promotions, les événements indésirables, etc. ; et par les revendeurs à leur compte qui informent leur clientèle le plus souvent via des comptes sécurisés tels que Telegram®, Potato® ou Signal®. Les livraisons sont également commandées, suivies et livrées via des comptes dédiés sur des applications numériques. Ainsi, si pour les usagers le recours à la commande/livraison via des comptes numériques sur des applications privées n’est pas l’unique mode d’achat, il est toutefois le mode qui connaît la plus grande expansion ces cinq dernières années.
L’évolution la plus marquante concerne les personnes qui consomment la cocaïne sous forme basée, vendue sous forme de poudre et préparée sous une forme base appelée « crack », « free base », « cocaïne basée », en augmentation visible chaque année depuis 2022.
D’anciens injecteurs de cocaïne passent à la consommation fumée ou alternent entre les deux modes d’usage, mais aussi de nouveaux usagers fument la cocaïne directement, sans avoir sniffé auparavant. Ces personnes sont quasiment toujours polyconsommatrices (avec alcool, médicaments, cannabis).
Les observateurs ou fêtards interviewés notent que la mixité des publics fonctionne dans les deux sens, c’est-à-dire des personnes issues des milieux festifs commerciaux qui fréquentent les milieux et fêtes alternatives (free party et calages qui sont des fêtes assez répandues à Marseille et empruntant des caractéristiques à la free party) mais aussi de plus en plus de publics de la free et des milieux alternatifs qui fréquentent les espaces festifs qu’ils appellent « de ville », à savoir des bars, des festivals ou des clubs commerciaux urbains. Et ce notamment parce que l’offre de musique techno est désormais presque dans toutes les propositions et les programmations commerciales, y compris des styles et des genres musicaux peu consensuels. De ce fait, des produits dits « de niche » (tels que les cathinones ou le GBL qui étaient essentiellement visibles dans les soirées queers, la kétamine ou les amphétamines que l’on n’observait quasiment que dans les free parties, etc.) sont désormais visibles aussi dans des soirées ou événements commerciaux.