Rapports d'études

 

Année 2019

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    Pourquoi les adolescents ont-ils recours aux produits psychoactifs ? Quels sont leurs modes d’entrée dans ces consommations et avec quelles attentes, quelles pratiques et quelles représentations ? Comment certains en viennent-ils à s’installer dans une consommation régulière alors que d’autres parviennent à limiter et contrôler leur usage ? Pour explorer ces questions, l’OFDT a lancé en 2014 une vaste enquête qualitative baptisée ARAMIS (Attitudes, Représentations, Aspirations et Motivations lors de l’Initiation aux Substances psychoactives). Pendant trois ans, près de 200 jeunes âgés de 13 à 18 ans, issus de milieux sociaux et de territoires diversifiés, ont été interrogés en face-à-face en France métropolitaine.
    Après une première synthèse des résultats, ce rapport approfondit quelques points marquants de l’étude suivant trois axes d’analyse : les contextes d’initiation ; les représentations des produits ; les motivations d’usage et les dynamiques des trajectoires de consommateurs.
    Pour poursuivre et renforcer l’analyse des trajectoires d’installation dans des pratiques de consommation, une nouvelle édition d’ARAMIS sera conduite à partir de 2020. Elle permettra d’observer l’évolution des représentations dans les générations suivantes d’adolescents (nés à partir des années 2000) et d’élargir l’observation aux jeunes adultes (18-23 ans).
    Afin d’explorer les problématiques liées aux usages de substances dans le cadre du programme « Un chez soi d’abord », l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies a réalisé en 2018 l’étude APROCHES, en partenariat avec l’université Aix-Marseille (EA3279) et le CREAI-Midi-Pyrénées (Centre régional d’études, d’actions et d’informations en faveur des personnes en situation de vulnérabilité). Ce programme propose aux personnes souffrant de troubles psychiques sévères qui sont sans abris, un logement en tant que locataire, accompagné d’un suivi régulier par une équipe pluridisciplinaire.
    Conduite en réponse à l’appel à projets général 2016 - volet Prévention, de l’IReSP, cette recherche s’est attachée à caractériser la population des consommateurs à risque d’une part et à éclairer les effets du dispositif sur les usages de produits en les reliant à l’expérience et aux trajectoires de vie des personnes d’autre part. Le volet quantitatif de la recherche a reposé sur une étude randomisée réalisée auprès de 703 personnes. Des entretiens semi‐directifs approfondis ont par ailleurs été menés auprès de 23 personnes volontaires.
    Dans un contexte où le déploiement du programme « Un chez soi d’abord » sur le territoire a été décidé, ambitionnant l’ouverture de 20 sites offrant 2 000 places d’ici à 2023, cette recherche met en évidence que l’approche globale du programme a clairement sa place dans la gamme des réponses sanitaires proposées. « Un chez soi d’abord » permet d’améliorer non seulement la situation des personnes en grande précarité mais aussi leurs problématiques addictives en prenant en compte les dynamiques générales dans lesquelles les bénéficiaires sont inscrits.
    En 2017, une expérience pilote a été lancée sur 10 mois pour poser les bases d’une démarche « d’allers-vers » dans 14 points de vente FDJ® en faveur des joueurs problématiques de jeux d’argent et de hasard. Cette approche a reposé sur l’intervention directe de professionnels de l’addictologie (intervenants « Addictions sans substance ») en points de vente afin de créer une passerelle entre le monde des bars et le secteur de l’addictologie, de sensibiliser détaillants et joueurs sur le soutien disponible en CSAPA face au jeu problématique.
    L’évaluation menée par l’OFDT interroge l’acceptabilité de cette initiative auprès des clients et des détaillants des 14 points de vente impliqués. Elle dresse les enseignements tirés à l’issue de l’expérimentation quant aux principes d’intervention et formule un ensemble de recommandations dans la perspective de son renouvellement et de sa transférabilité.
    Afin de mieux documenter le phénomène du chemsex en France, l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies a réalisé en 2018, à la demande de la Direction générale de la santé, une enquête sociologique qualitative.
    Dénommée APACHES (Attentes et PArcours liés au CHEmSex) celle-ci s'est appuyée sur des entretiens semi‐directifs approfondis réalisés auprès de 37 hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH). Ce travail permet d'analyser la dynamique des trajectoires individuelles et l’expérience du chemsex, du point de vue des personnes impliquées dans ces pratiques.
    Dans un contexte de montée d’inquiétudes et de signaux sanitaires associés, ce rapport rédigé par Maitena Milhet fait également le point sur les données de prévalence disponibles et recense un panel d’outils et interventions ayant fait preuve de leur intérêt en matière de réduction des risques et des dommages (RdRD) et d’accompagnement des personnes en difficulté.
    Dès 2004, le Service-en-amont, équipe de prévention du Centre Les Wads/CMSEA s’engage dans la réduction des risques et des dommages (RDRD) en milieu festif sur le territoire lorrain. En 2010, de jeunes bénévoles sont associés au dispositif afin de soutenir le travail d’un intervenant professionnel et offrir écoute, conseils préventifs et matériels de RDRD auprès de jeunes « fêtards », en particulier des « teufeurs » du milieu électro-alternatif. Le programme prend alors une dimension communautaire et de prévention par les pairs.
    Ce programme original a été évalué par l’OFDT en 2017, à la demande du porteur auprès la Commission interministérielle de prévention des conduites addictives (CIPCA). L’analyse met en perspective le relevé d’indicateurs de réalisation, une enquête en ligne auprès de teufeurs lorrains et la consultation de décideurs territoriaux, de professionnels de santé, de l’application de la loi, de l’événementiel musical, etc., ainsi que d’utilisateurs du dispositif (organisateurs de soirées ou usagers).
    L’évaluation conclut à la pertinence et l’utilité du dispositif tout en mettant en lumière des freins structurels, intersectoriels ou inter-institutionnels dont un manque de communication et d’articulation entre champs de la santé et de l’application de la loi. Un ensemble de recommandations est énoncé dans les périmètres d’action du porteur du dispositif, de l’ARS, des chefs de projets « Drogues et dépendances ».
    L’étude Circé (Circulation, consommation et échanges de substances psychoactives en milieu carcéral) conduite entre 2016 et 2018 se propose d'éclairer la question du marché des drogues en prison. Au total, près de 70 entretiens qualitatifs avec différents acteurs du monde pénitentiaire : détenus et ex-détenus (hommes, femmes, mineurs), professionnels pénitentiaires et personnel soignant ont été réalisés. Cette recherche, réalisée dans le cadre de l’appel à projet lancé par la Direction de l’Administration pénitentiaire au titre du fonds de concours « stupéfiants » géré par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), dresse un état des lieux des substances psychoactives (stupéfiants, médicaments détournés de leur usage et alcool) présentes en détention. Les auteures du rapport, Caroline Protais et Marie Jauffret-Roustide, étudient la manière dont ces substances sont introduites, mais aussi, l’organisation du marché, les relations sociales qui le sous-tendent et qu’il génère, ainsi que les réponses apportées par l’administration pénitentiaire et les unités sanitaires.
    Plusieurs préconisations, destinées à prévenir les risques psycho-sociaux liés à l’instauration d’un marché des drogues en détention, sont égalementfaites au terme de ce rapport.