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Thématique : Offre

Substance considérée : Alcool

 

Quantité d’alcool consommé par habitant âgé de 15 ans et plus depuis 1961 (en litres équivalents d’alcool pur)

 

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Constat

Depuis le début des années 1960, les quantités d’alcool mises en vente en France ont fortement diminué. En 1961, les quantités d’alcool par habitant âgé de 15 ans et plus s’élevaient à  26 litres d’alcool pur. Un peu plus de quarante ans plus tard, ces montants étaient divisés par deux et la tendance à la baisse se poursuit encore jusqu’en 2016. Sur le long terme, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus, cette baisse est entièrement imputable  à la diminution des quantités de vin. Ce n’est plus tout à fait le cas pour la période 2000 - 2016 : si ce sont toujours les quantités de vins qui baissent le plus fortement (-19 %), celles de spiritueux ont diminué de 9 % et celles de bières de 4 %.

La tendance à la baisse a été moins forte dans les années 1990 que dans les années 1980. Le mouvement de diminution des quantités se poursuit dans les années 2000 mais depuis 2008, cette tendance, si elle persiste, apparait plus faible. Pour le vin, la baisse moyenne annuelle a été de près de 15 centilitres d’alcool pur par an entre 2000 et 2008, et de 5 centilitres d’alcool pur entre 2008 et 2016.  

En 2016, le nombre de litres d’alcool pur correspond en moyenne à près de 2,6 verres « standard » ou unité standard d’alcool (1 verre standard contient environ 10 g d’alcool pur) consommés chaque jour par chaque habitant âgé de 15 ans et plus. Cette moyenne recouvre une très grande diversité de comportement, certains ne buvant pas du tout d’alcool ou rarement, d’autres buvant des quantités beaucoup plus élevées. Toutes les enquêtes de consommation montrent que les hommes boivent des quantités d’alcool nettement plus importantes que les femmes. Les hommes âgés de 15 ans et plus consomment donc en moyenne nettement plus que 2,6 verres d’alcool par jour et les femmes moins.

Le niveau de consommation d’alcool en France se situait au début des années 1960 très largement au dessus de celui observé dans les autres pays européens. A la suite du mouvement de baisse observée au cours des 50 dernières années, la France ne fait plus figure d’exception même si elle reste un des pays ayant le plus fort niveau de consommation d’alcool au monde. D’après les données de la Commission européenne (European Core Health Indicator - ECHI, 1), la consommation d’alcool par habitant de 15 ans et plus était moins élevée en France en 2015 qu’en Lituanie, République Tchèque, Estonie, Roumanie, Portugal, Slovaquie, Hongrie, Royaume-Uni, Finlande et Croatie. Sauf avec les quatre premiers pays de cette liste, les différences restent toutefois assez faibles (différence inférieure à +10% relativement à la quantité mise en vente en France), surtout si on tient compte des incertitudes et approximations inhérentes à ce type de calcul.

Sources

Organisation mondiale de la santé entre 1961 et 1989, groupe IDA1  de 1990 à 1999,  Insee de 2000 à 2016.

Remarques méthodologiques

La quantité d’alcool contenue dans les différentes boissons alcoolisées est très variable. Il n’est pas possible d’additionner des litres de bières, de vins et de Whisky et il est donc nécessaire de convertir toutes les quantités consommées en équivalent alcool pur. Depuis le 17ème siècle, l’alcool est soumis en France à des taxes proportionnelles aux volumes commercialisés. Il est donc possible, à partir du montant des recettes fiscales perçues sur l’alcool, de reconstituer les volumes d’alcool mis en vente sur le territoire français. Pour les bières et les spiritueux, les taxes reposant directement sur le contenu en alcool pur des boissons, on obtient directement ce montant à partir des recettes et des taux de taxation. Pour les autres produits comme le vin, la taxe s’applique aux volumes des boissons alcoolisées, quels que soient leurs degrés d’alcool. Les volumes de vins reconstitués à partir des taxes doivent être à leur tour convertis en leur équivalent en alcool pur en utilisant le degré d’alcool moyen des vins.

Les volumes d’alcool pur mis à la consommation ne correspondent pas tout à fait à des données de vente. Il s’agit des quantités d’alcool pour lesquels les droits ont été acquittés. Comme il est possible pour les producteurs et grossistes de détenir de l’alcool en suspension de droits, les taxes ne sont souvent réglées qu’au moment de la mise à la vente effective des produits. Il est dans l’intérêt des professionnels de récupérer rapidement, en vendant le produit, le montant des taxes décaissées. Les quantités d’alcool mises à la consommation et celles qui sont vendues sont donc des grandeurs très proches dont les évolutions sont étroitement liées.  Ces données tiennent aussi compte des consommations non taxées d’alcool (par exemple autoconsommation des producteurs de vins). Les achats d’alcool de non résidents sur le territoire français (Britanniques venus s’approvisionner de l’autre côté de la Manche, touristes étrangers) ne sont pas déduits de ces chiffres. Les achats d’alcool par des français à l’étranger ne sont pas non plus intégrés dans le calcul.

Les chiffres sur la période 2000-2016 tiennent compte de la tendance à l’augmentation du degré moyen d’alcool des vins décrite par tous les observateurs professionnels en France comme dans tous les pays producteurs de vins. On manque cependant en France d’un indicateur permettant d’objectiver ce phénomène. Un article paru en 2015 (2) semble indiquer que le réchauffement climatique ne peut à lui seul expliquer cette augmentation du titrage en alcool des vins. Les données relevées sur les importations au Canada de vins en provenance de France et d’autres pays font en tout cas apparaître un degré moyen de 13° pour les vins français à la fin des années 2000. Les hypothèses d’augmentation annuelle du degré moyen d’alcool utilisées pour les calculs des données de cette série statistique ont conduit à atteindre ce chiffre en 2015. Il se peut donc que le degré moyen soit en fait un peu plus élevé en 2015/2016 si on fait l’hypothèse que la hausse du titrage en alcool s’est poursuivi depuis 2010. Mais si conformément à la thèse défendue dans l’article cité, ce n’est pas principalement le réchauffement climatique qui est en cause dans la progression du degré moyen, il se pourrait également  qu’une fois atteint le seuil de 13° l’évolution soit ensuite beaucoup plus lente. Un degré moyen de 13° en 2016 pour les vins supérieurs (dont les AOC) et un peu inférieur pour les vins de table semble en tout cas une valeur plausible.

Les modes de calcul des quantités d’alcool pur consommées ne sont pas harmonisées entre les différents pays. Les comparaisons internationales doivent donc être considérées avec prudence. Les données apparaissant sur le site de la Commission européenne ne sont pas tout à fait identiques à celles présentées dans le graphique ci-dessus. Il est possible que celles figurant sur le site de l’Europe ne tiennent pas compte de la tendance à l’augmentation du degré d’alcool des vins.

Liens utiles

(1) European core health indicator (accédé en octobre 2017) :
http://ec.europa.eu/health/dyna/echi/datatool/index.cfm?indlist=46a

(2) Alston J. M., Fuller K. B., Lapsley J. T., Soleas G.,  and Tumber K. P., Splendide Mendax: False Label Claims About High and Rising Alcohol Content of Wine, Journal of Wine Economics, Volume 10, Number 3, 2015, Pages 275–313

Expertise collective Inserm, Alcool, Dommages sociaux, Abus et dépendance, Partis, Les éditions Inserm, 2003, 536 p.

Got (C.), Weill (J.) (dir.), L’alcool à chiffres ouverts, consommations et conséquences : indicateurs en France, Paris, Seli Arslan, 1997, 350 p.


1 Le groupe Indicateur d'alcoolisation réunissait les principaux producteurs de données sur les questions d'alcool

 

 

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Dernière mise à jour : octobre 2017