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Initiation et consommation de tabac chez les personnes détenues

Initiation et consommation de tabac chez les personnes détenues

Paris, le 25 novembre 2020

Depuis une vingtaine d’années, les chercheurs soulignent l’importance de produire des données sur les consommations de tabac des personnes incarcérées. Ces usages sont nettement supérieurs à ceux observés en population générale : avec un taux de prévalence pouvant atteindre jusqu’à 97 % dans certains pays, ils constituent une des principales causes de pathologies chroniques et de mortalité en milieu carcéral. En France, plus de 80 % des personnes détenues consomment du tabac, contre 30,4 % en population générale en 2019. Au regard de la diminution du tabagisme dans de nombreux pays, ces usages et ces dommages participent au maintien des inégalités sociales de santé.

Au-delà de ces données épidémiologiques de cadrage, le statut particulier du tabac en détention est souligné dans plusieurs enquêtes, même si elles ne portent pas spécifiquement sur ce produit ni sur l’analyse de ses enjeux. Il serait largement présent au sein du marché parallèle en détention et constituerait un des supports de négociation entre surveillants et prisonniers pour maintenir « le calme » dans les établissements pénitentiaires.

Ce numéro de Tendances s’appuie sur les premières investigations réalisées dans le cadre de l’étude sociologique de la recherche interventionnelle TABAPRI (Tabac en prison) qui a pour vocation de mettre en évidence les leviers spécifiques du tabagisme en milieu pénitentiaire. Une partie des résultats concernant les personnes détenues sont présentés ici. Deux principaux points sont abordés : les ressorts de l’entrée dans la consommation identifiés par les enquêtés et les fonctions spécifiques prises par l’usage durant l’incarcération.

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Usages de tabac, d'alcool et de cannabis en Europe à 16 ans : résultats de la dernière enquête internationale ESPAD 2019

Usages de tabac, d'alcool et de cannabis en Europe à 16 ans : résultats de la dernière enquête internationale ESPAD 2019

Paris, le 12 novembre 2020

L’enquête internationale ESPAD (European School Survey Project on Alcohol and other Drugs) initiée en 1995 interroge des adolescents de 16 ans scolarisés sur leurs usages de substances psychoactives. La dernière enquête s’est déroulée entre mars et mai 2019 dans 35 pays européens  en s’appuyant sur un questionnaire auto-administré et une procédure identiques. Pour la France, le volet ESPAD a été intégré au projet de l’Enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS) conduite d’avril à juin 2018 selon la même méthodologie.

Les résultats de l’étude européenne sont publiés ce jour en collaboration avec l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA). De son côté, l’OFDT propose une analyse centrée sur l’évolution des usages de tabac, d’alcool et de cannabis pour les élèves de 16 ans depuis deux décennies en comparant les tendances de moyen terme en Europe et en France (qui participe à ESPAD depuis 1999).

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Tableaux de bord tabac (juillet/août/septembre)

Tableaux de bord tabac (juillet/août/septembre)

Paris, le 5 novembre 2020

Les ventes totales de tabac (à jours constants) dans le réseau des buralistes en France continentale ont baissé en volume de -1,2 % entre le troisième trimestre 2019 et le troisième trimestre 2020.  Cette diminution, qui fait suite à une hausse observée au 2e trimestre 2020,  est toutefois moindre que celles observées les années précédentes à la même période (-6,2 % entre 2018 et 2017 ; -9,6 % entre 2017 et 2016). Sur les trois premiers trimestres de 2020 les ventes sont en baisse de -1,4 % (comparées à janvier/septembre 2019).  
Au plan territorial, le volume des ventes du deuxième trimestre 2020 avait été marqué par une hausse particulièrement visible dans les départements frontaliers (+22 % à jours constants entre les deuxièmes trimestres 2019 et 2020 ; contre +2,4 % dans les départements non-frontaliers). Les mesures liées au confinement (fermeture des frontières, limitation des déplacements…) avaient entraîné une reconfiguration temporaire de l’offre de tabac et des canaux d’approvisionnement par le réseau des buralistes. La variation liée à ce transfert des achats s’atténue entre les troisièmes trimestres 2019 et 2020, en particulier dans les départements frontaliers (-7,9 % à jours constants ; contre +0,1 % dans les départements non-frontaliers).
S’agissant du détail par produit, les ventes de cigarettes à jours constants ont continué d’augmenter en juillet pour le troisième mois consécutif (+1,6 %), avant de diminuer en août (-5,9 %) puis en septembre (-7,2 %). La forte augmentation des ventes à jours constants de tabac à rouler observée pendant le confinement s’est également poursuive en juillet (+22,4 %) avant une baisse en août (-3 %) et une stabilisation en septembre (+0,3 %). Sur l’ensemble des trois premiers trimestres de 2020, les ventes de tabac à rouler demeurent ainsi importantes (+10,2% à jours constants comparées à janvier/septembre 2019 ; contre -4,4% pour les cigarettes).

Les ventes à jours constants de traitements d’aide à l’arrêt sont quant à elles à la hausse entre les troisièmes trimestres 2019 et 2020 (+3,9 % en « équivalent un mois de traitement »). Ce sont les formes orales qui ont le plus augmenté en proportion (+14 %). Concernant les appels à Tabac Info Service, le troisième trimestre 2020 marque une baisse de -13,9 % des appels traités de niveau 1 comparé au troisième trimestre 2019, et de -4,3 % des appels de niveau 2 (la ligne dispose de deux niveaux de traitement des appels : le premier adresse de la documentation, répond à des questions simples sur le tabac et organise la prise de rendez-vous avec les tabacologues, qui assurent le niveau 2). Le nombre de téléchargements de l’application augmente par ailleurs de 14,7 % entre les troisièmes trimestres 2019 et 2020.

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La légalisation du cannabis aux États-Unis. Modèles de régulation et premier bilan

Octobre 2020

Depuis 2012, deux pays (l’Uruguay et le Canada) et 11 États américains sur 50 ont légalisé la culture, la vente, la détention et la consommation de cannabis pour les adultes, à des fins non-médicales (dites « récréatives »), après en avoir autorisé l’usage à des fins médicales.

Cette note offre un aperçu des réformes de légalisation du cannabis mises en place aux États-Unis, du point de vue du développement des marchés du cannabis (licites et illicites) et de la santé publique. Intégrant les données les plus récentes, elle revient sur l’historique de ces réformes, leurs caractéristiques et leurs premiers effets avec quelques années de recul.

À l’appui de graphiques et d’infographies, elle montre que les effets les plus prononcés concernent l’essor industriel de la filière du cannabis, qui a été rapide et massif. Toutefois, ce « boom » économique est allé de pair avec de nouvelles préoccupations de santé publique, la gamme des produits issus du cannabis étant plus large (au-delà des produits fumés, le cannabis est commercialisé sous des formes multiples) et visant désormais tous les profils de « clientèle », des jeunes aux seniors, des non-initiés aux usagers réguliers.

Le document propose également un état des problématiques les plus débattues en 2019-2020, ainsi qu’un bilan intermédiaire de la situation de ce marché légal émergent pendant le confinement lié à la pandémie de Covid-19.

Elle souligne que la crise sanitaire et sociale provoquée par le coronavirus a, à la fois, donné un coût d’arrêt aux initiatives de légalisation du cannabis en cours dans certains États, tout en favorisant l’essor des marchés légaux existants dans d’autres États.

Ce bilan sera complété par une série de rapports et d’enquêtes programmés en 2020-21 dans le cadre du projet ASTRACAN.

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Les addictions en France au temps du confinement

Les addictions en France au temps du confinement

Paris, le 8 octobre 2020

La pandémie de Covid-19 est à l’origine d’une crise sanitaire qui a entraîné, en sept mois, plus de 848 000 décès dans le monde, dont plus de 30 000 en France. En dépit de variations nationales, la pandémie a amené la plupart des gouvernements à décréter l’état d’urgence sanitaire et à prendre des mesures exceptionnelles pour limiter la propagation de l’épidémie : restrictions de circulation, fermeture de la plupart des lieux accueillant du public ainsi que de l’ensemble des frontières internationales, confinement général dans une cinquantaine de pays, notamment au sein de l’Union européenne (hormis aux Pays-Bas et en Suède) et en France où, entre le 17 mars et le 11 mai 2020, l’ensemble de la population a été assignée à résidence et un contrôle des sorties a été mis en place. Cette période est allée de pair avec des transformations dans les habitudes de vie, la consommation des ménages, l’organisation du travail, les conditions de circulation des personnes, l’accès aux soins, etc. Elle a aussi pesé sur les conditions d’accès aux drogues (licites et illicites) et les contextes de consommation de produits psychoactifs.

Le numéro 139 de Tendances offre un premier bilan des effets de la crise sanitaire sur l’offre et les usages de produits psychoactifs et des jeux d’argent et de hasard (JAH), complété par les premiers résultats de l’enquête en ligne conduite par l’OFDT auprès des consommateurs de cannabis entre le 10 juillet et le 7 août 2020. Il propose un aperçu des évolutions observées pour les trois produits les plus consommés (alcool, tabac et cannabis), à la fois du point de vue de l’offre (disponibilité à l’achat, facilité d’approvisionnement, évolution des prix, etc.) et de la demande (niveaux de consommation, contextes et pratiques d’usage, etc.), en lien avec les mesures prises pour encadrer la vente et limiter les occasions de consommation (maintien de l’ouverture des bureaux de tabac, fermeture des bars et des restaurants). Elle rend également compte de l’adaptation organisationnelle des établissements du champ sanitaire et de la réduction des risques et des dommages (RdRD) opérée, en temps réel, pendant cette période critique.

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1999-2019 : les mutations des usages et de l'offre de drogues en France vues au travers du dispositif TREND de l'OFDT

1999-2019 : les mutations des usages et de l'offre de drogues en France vues au travers du dispositif TREND de l'OFDT

Paris, le 30 septembre 2020

Dès leur mise en place en 1999, le dispositif Tendances récentes et nouvelles drogues (TREND) et le Système d’identification national des substances (SINTES) de l’OFDT se sont attachés à décrire précocement les phénomènes émergents dans le champ des drogues illicites et des médicaments détournés. En produisant de façon réactive des éléments de compréhension, ils ont pu éclairer les réponses publiques et les professionnels en contact avec les usagers.

Par la durée de son existence et sa couverture territoriale (8 coordinations locales en 2020 : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Paris, Rennes et Toulouse), le dispositif TREND occupe une place assez unique en Europe. Publié à l’occasion des 20 ans du dispositif, ce numéro de Théma revient sur les grandes transformations observées en deux décennies mais aussi sur les défis d’adaptation que ces changements ont posé au dispositif.

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2<sup>e</sup> Matinale de l'OFDT : dispositif TREND, 20 ans d'observations

2e Matinale de l'OFDT : dispositif TREND, 20 ans d'observations

Paris, le 30 septembre 2020

À l’occasion de cette parution, l’OFDT a organisé ce 30 septembre sa seconde Matinale (en ligne en raison du contexte sanitaire) qui revient sur différentes problématiques.

  • Focus sur une évolution des usages de l’héroïne vers les opioïdes,
  • Hausse de l’offre, de la capacité d’adaptation des trafiquants et des risques liés à l’augmentation des teneurs et des puretés des produits,
  • Point sur la reconfiguration continue des espaces festifs,
  • Retour sur l’irruption des nouveaux produits de synthèse.

Guide méthodologique du dispositif TREND

Guide méthodologique du dispositif TREND

Paris, le 30 septembre 2020

L’OFDT a également publié ce 30 septembre un guide méthodologique du dispositif TREND.

Ce guide méthodologique répond à la nécessité de présenter la démarche ainsi que les principes méthodologiques et analytiques qui assurent la qualité et la fiabilité des informations produites par le dispositif. Il expose ainsi ses objectifs (description qualitative, compréhension des évolutions en matière d’usage de drogues, participation à la veille sanitaire), la stratégie commune de recueil et d’analyse de données (fondée sur l’observation directe, l’entretien collectif et la veille média) collectées auprès d’usagers de drogues, de professionnels de la réduction des risques et des dommages, de personnels soignants et d’agents d’application de la loi. Outil d’accompagnement pour les acteurs impliqués dans sa mise en oeuvre, ce guide est aussi constitué de fiches pratiques qui présentent les compétences attendues et les actions à mener au cours des différentes étapes du processus d’observation et de son compte-rendu.

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Tableau de bord « Traitements  de substitution aux opioïdes » 2020

Tableau de bord « Traitements de substitution aux opioïdes » 2020

Saint-Denis, le 24 septembre 2020

L’objectif du tableau de bord annuel « Traitements de substitution aux opioïdes » réalisé par l’OFDT est de rassembler sur ce sujet les chiffres les plus récents émanant de différentes sources et de les présenter de manière synthétique.

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Exposition au marketing des produits alcoolisés chez les adolescents (EMPAA)

Exposition au marketing des produits alcoolisés chez les adolescents (EMPAA)

Paris, le 15 septembre 2020

L’impact de la publicité pour les alcools sur l’initiation et le maintien des consommations notamment chez les plus jeunes est largement démontré par la recherche internationale. En France, les adolescents se disent exposés à la publicité ou promotion pour l’alcool dans la plupart des espaces de vie quotidiens (rues, magasins, Internet, médias...). À quelles formes de marketing – publicitaires, promotionnelles ou autres – peuvent-ils se référer dans ces espaces autour des boissons alcoolisées ? Comment les adolescents appréhendent-ils ces techniques ? En sont-ils toujours conscients ? Quel jugement portent-ils sur ces expressions du marketing en faveur de l’alcool ?
Pour tenter de répondre à ces questions et décrire l’exposition des jeunes aux marketing, l’OFDT s’est intéressé à quatre espaces communément partagés par les adolescents : 1) les magasins de la grande distribution (de la supérette à l’hypermarché), 2) les festivals de musique, 3) les grandes enceintes sportives et 4) Internet et les réseaux sociaux. Sur la base d’observations directes et d’une série d’entretiens auprès d’adolescents et de jeunes majeurs, l’OFDT s’est attaché à décrire les formes de marketing déployées dans ces espaces et à recueillir les perceptions des jeunes quant à ces expressions. Inscrite dans le programme de recherche FAMES (French Alcohol Marketing Exposure Scale*) de l’OFDT et menée avec le soutien financier de l’Institut national du Cancer (INCa), cette étude ouvre des pistes pour améliorer l’observation et mieux quantifier l’exposition des jeunes au marketing en faveur de l’alcool.
(*) Échelle française d’exposition au marketing en faveur de l’alcool

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Législations nationales et politiques de réduction des dommages liés à l’alcool au sein de l’Union européenne

Législations nationales et politiques de réduction des dommages liés à l’alcool au sein de l’Union européenne

Paris, le 23 juillet 2020

Reposant principalement sur les données publiées par l’OMS, cette note vise à dresser un tableau des principales dispositions, législatives et réglementaires, prises par les différents pays de l’UE en vue de réduire la consommation dommageable d’alcool. Elle fournit également des éléments permettant de situer la France par rapport aux autres pays. L’analyse porte principalement sur cinq thématiques définies par l’OMS qui rassemblent les mesures recommandées les plus importantes : limiter l’alcool au volant et l’accessibilité des boissons alcoolisées, rendre l’alcool plus onéreux, limiter la publicité et le marketing en faveur de l’alcool, informer les consommateurs sur les conséquences de l’alcool.

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Usages et offre de produits psychoactifs à La Réunion

Usages et offre de produits psychoactifs à La Réunion

Paris, le 22 juillet 2020

Afin de mieux identifier et comprendre les phénomènes émergents en matière d’usage de produits psychoactifs , l’Agence régionale de santé de La Réunion a confié à l’OFDT une mission d’étude centrée sur la possibilité de créer sur place un site d’observation qualitative.

L’OFDT a proposé un état des lieux synthétique de la situation locale consistant à identifier les problématiques particulières et les principaux enjeux en termes de contextes, de populations, de pratiques d’usage, de modalités d’approvisionnement et de trafics locaux. En avril 2019, une mission d’étude et des entretiens avec les acteurs de la réduction des risques et des dommages, les professionnels de santé et de la lutte contre l’exclusion, les représentants des pouvoirs publics, des chercheurs et des usagers, a permis de compléter l’examen des sources écrites disponibles, quantitatives ou qualitatives.

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