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Trente ans de politiques publiques de réduction du tabagisme

Trente ans de politiques publiques de réduction du tabagisme

Paris, le 27 mai 2021

Dans la seconde moitié du XXe siècle, le tabagisme a progressivement été considéré comme un problème de santé publique appelant l’intervention de l’État et placé sous contrôle au moyen d’un cadre législatif de plus en plus restrictif. Les politiques publiques se sont structurées autour d’une stratégie globale d’encadrement de l’offre et de la demande, en réponse à un objectif prioritaire de maîtrise des consommations : le tabagisme occasionne encore aujourd’hui une mortalité importante (75 000 morts en 2015), soit 13 % des décès survenus en France métropolitaine. 

Le numéro 145 de Tendances revient sur le déploiement de la stratégie publique de réduction du tabagisme et les évolutions les plus marquantes en matière de tabagisme durant ces dernières décennies. Il dresse un bilan des principaux indicateurs suivis par l’OFDT depuis 2004, complété par d’autres sources (enquêtes, études épidémiologiques), afin de dégager des tendances de ventes, d’usages, de changement des représentations sociales du produit, ainsi que les enjeux émergents qui se font jour autour du marché des produits du tabac.

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Tableaux de bord tabac (janvier/février/mars)

Tableaux de bord tabac (janvier/février/mars)

Paris, le 6 mai 2021

Les ventes totales de tabac (à jours constants) dans le réseau des buralistes en France continentale ont augmenté en volume de 2,5 % entre le premier trimestre 2020 et le premier trimestre 2021. Cette hausse contraste avec les diminutions observées ces dernières années à la même période (-8,7 % en 2020, -6,1 % en 2019 et -9,1 % en 2018).  

Au plan territorial, les ventes dans les départements frontaliers augmentent de 4,1 % au regard du premier trimestre 2020. Les variations sont moins marquées dans les départements non-frontaliers et se situent à +2,2 %.

Les évolutions diffèrent également selon le produit considéré : -0,6 % pour les cigarettes et +9,5 % pour le tabac à rouler entre les premiers trimestres 2020 et 2021. La forte tendance à la hausse de cette dernière catégorie observée depuis plusieurs trimestres se poursuit ainsi (en 2020 : +26,7 % au deuxième trimestre, +6,5 % au troisième trimestre, +13,6 % au quatrième trimestre par rapport aux mêmes périodes de l’année 2019).  

Les ventes à jours constants de traitements d’aide à l’arrêt repartent à la hausse (+5,7 % en « équivalent un mois de traitement »). Les niveaux d’appels à Tabac Info Service ont fait l’objet de légères variations : +0,8 % des appels traités de niveau 1 comparé au premier trimestre 2020, mais une baisse de 1,6 % des appels de niveau 2 (la ligne dispose de deux niveaux de traitement des appels : la première adresse de la documentation, répond à des questions simples sur le tabac et organise la prise de rendez-vous avec les tabacologues, qui assurent le niveau 2). Le nombre de téléchargements de l’application baisse quant à lui légèrement (-1,7 % entre les premiers trimestres 2020 et 2021).

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Cinquante ans de réponse pénale à l’usage de stupéfiants (1970-2020)

Cinquante ans de réponse pénale à l’usage de stupéfiants (1970-2020)

Paris, le 27 avril 2021

L'évolution du traitement pénal réservé aux usagers de drogues illicites fait l’objet d’un suivi régulier par l'OFDT depuis 2010. Sur la base des statistiques officielles des ministères de l'Intérieur et de la Justice, désormais complétées par les données de l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI), ce 143e numéro de Tendances analyse l'évolution du traitement policier et judiciaire des usagers de stupéfiants depuis la loi du 31 décembre 1970. Si, formellement, celle-ci a été abrogée et recodifiée dans le Code de santé publique en 2000, les dispositions réprimant l’usage ont été maintenues.

Cinquante ans après la loi de 1970, l’usage de stupéfiants apparaît comme un contentieux de masse. La réponse pénale à ce contentieux se révèle de plus en plus systématique, rapide et diversifiée. La pénalisation de l'usage de stupéfiants s'exprime sous la forme d'une gamme élargie de sanctions, des alternatives aux poursuites (rappels à la loi, orientations sociosanitaires, etc.) à la composition pénale, voire aux poursuites judiciaires pouvant éventuellement conduire à une condamnation (stages de sensibilisation, amendes, peine de substitution, etc.). À cette palette de sanctions pénales s'ajoute désormais l'amende forfaitaire délictuelle, qui relève des forces de l'ordre, généralisée depuis le 1er septembre 2020.

L'analyse menée sur un demi-siècle de politiques pénales montre l'effacement des peines privatives de liberté au profit de réponses en amont des tribunaux, la montée en charge des sanctions de nature financière et, en parallèle, le recul des sanctions à dimension sanitaire. L'évolution des politiques pénales menées à l'égard des usagers de stupéfiants mérite d'être suivie avec attention, dans un contexte international mouvant, marqué par l'expérimentation de nouveaux types de politiques publiques des drogues.

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Bilan annuel du tableau de bord tabac de l'OFDT

Bilan annuel du tableau de bord tabac de l'OFDT

Paris, le 8 avril 2021

Les tableaux de bord tabac mensuels offrent une vue synthétique des principaux indicateurs liés aux ventes de tabac, à la prise en charge des fumeurs et aux actions de prévention et d’information. Ce bilan décrit leur évolution et reprend par ailleurs des données issues d’autres sources (sur les prévalences d’usage, la cigarette électronique, les saisies de produits de contrebande...) au cours de l’année 2020. Cette dernière a été particulièrement marquée par les conséquences de la situation sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, qui a été à l’origine de mesures exceptionnelles visant à en limiter la propagation : restrictions de circulation, couvre-feu, confinement, fermeture de la plupart des lieux accueillant du public, fermeture totale ou partielle des frontières terrestres et aériennes. Les tendances décrites dans ce bilan annuel font donc l’objet d’une contextualisation prenant en compte les conséquences de l’épidémie sur la demande et surtout sur l’offre de tabac, qui a connu des variations atypiques (justifiant une analyse territoriale régionale et départementale).

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Synthèse des principaux résultats de l’étude Crack en Île-de-France

Synthèse des principaux résultats de l’étude Crack en Île-de-France

Paris, le 25 mars 2021

Cette synthèse présente les principaux résultats de la recherche « Crack en Île-de-France », fruit d’un partenariat entre l’OFDT et l’Inserm, dont l’objectif est de réaliser un état des lieux de la situation actuelle du crack en Île-de-France afin, notamment, d’améliorer la prise en charge des usagers et, plus globalement, la réponse des pouvoirs publics à un phénomène identifié depuis une trentaine d’années.

La persistance du marché du crack depuis une trentaine d’années, de même que l’apparition de nouveaux acteurs de l’offre dans un contexte d’élargissement des espaces de deal et de consommation dans la région parisienne, signent le relatif échec des politiques publiques menées jusque-là, trop souvent fondées sur des réactions « au coup par coup », guidées par les différentes « paniques » médiatiques et sécuritaires, qui se sont succédées depuis l’émergence du phénomène.

20 ans d’évolutions des usages de drogues en Europe à l’adolescence

20 ans d’évolutions des usages de drogues en Europe à l’adolescence

Paris, le 25 février 2021

Deux grandes enquêtes, menées tous les 4 ans depuis 25 ans en population adolescente permettent une comparaison des usages de drogues à l’échelle internationale : l’enquête Health Behaviour in School-Aged Children (HBSC), sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et l’European School survey Project on Alcohol and other Drugs (ESPAD), menée avec le soutien de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA). La première, qui interroge les élèves âgés de 11, 13 et 15 ans, se déroule depuis 1982 (1994 en France) dans un nombre croissant de pays occidentaux. Elle vise à collecter des données sur la santé, le bien-être, le vécu scolaire et les comportements favorables ou préjudiciables à la santé des élèves, dont les usages de drogues. La seconde, conduite depuis 1995 (1999 en France) dans une quarantaine de pays européens, se centre sur les comportements de consommation d’alcool, de tabac, de cannabis et des autres substances illicites à 16 ans.

Ce Tendances révèle la richesse et l’importance de ces enquêtes répétées en population adolescente. Observer l’évolution des usages de substances psychoactives à l’échelle d’un continent sur une période aussi longue (un quart de siècle) est suffisamment rare pour être souligné et poursuivi. Maintenir ces recueils de données représente un investissement indispensable pour mieux comprendre à la fois les comportements observés à l’avenir parmi ces générations une fois devenus adultes (les tous premiers adolescents interrogés ont actuellement 36 ans) mais aussi mesurer les effets des politiques publiques menées.

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Tableau de bord Jeux d'argent et de hasard

Tableau de bord Jeux d'argent et de hasard

Paris, le 25 février 2021

Depuis le 1er juillet 2020, en application du décret n° 2020-494 du 28 avril 2020, l'OFDT a repris les missions de l’Observatoire des jeux. Dans ce cadre, un premier tableau de bord consacré aux Jeux d’argent et de hasard (JAH) vient d’être réalisé. Cette synthèse offre une vue d'ensemble de la pratique de cette activité à travers différents indicateurs clés disponibles depuis 2011, première année pleine après la loi du 12 mai 2010 ouvrant à la concurrence certaines activités de jeux en ligne (paris hippiques, paris sportifs et poker). Après une première partie sur les données macro-économiques consolidées des années 2018 et 2019 issues des opérateurs de jeu et de la régulation, le document présente les données épidémiologiques disponibles les plus récentes.

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Les évolutions récentes de la consommation d’alcool en France et de ses conséquences

Les évolutions récentes de la consommation d’alcool en France et de ses conséquences

Paris, le 28 janvier 2021

Une nouvelle édition du tableau de bord annuel alcool de l'OFDT décrit les évolutions récentes de la consommation d’alcool en France et de ses conséquences sanitaires et sociales jusqu’à la fin 2019, soit à la veille de l’apparition de l’épidémie du COVID 19. Les tendances récentes sont dans la mesure du possible resituées dans le contexte plus large des évolutions observées depuis le début des années 2000. Bien que les niveaux actuels en termes de volume d’alcool vendus restent en France parmi les plus élevés au monde, le mouvement de baisse s’est poursuivi en 2019. Cette évolution concerne les vins et les spiritueux alors que les volumes de bières sont en augmentation. La consommation quotidienne d’alcool qui avait beaucoup baissé durant les années 2000 n’a pas évolué entre 2014 et 2017. Chez les jeunes, on observe un quasi triplement depuis 2000 de la part des adolescents qui n’ont jamais bu d’alcool à 17 ans mais dans le même temps la part des adolescents indiquant avoir bu cinq verres ou plus au moins une fois dans le mois (un garçon sur deux et 4 filles sur 10 en 2017) n’a pas baissé par rapport à son niveau de 2005. Concernant les dommages liés à l’alcool, celui-ci demeure une des deux premières causes de mortalité évitable : il était en 2015 à l’origine de 41 000 décès et de 28 000 nouveaux cas de cancers. Néanmoins, la mortalité par cirrhose alcoolique et le nombre de personnes hospitalisées pour ce motif reculent. Les nombres d’accidents mortels avec implication de l’alcool ont fortement baissé depuis le début des années 2000 tout comme les condamnations pour blessure involontaire par conducteur en état alcoolique. Cette évolution à la baisse semble cependant avoir atteint un palier.

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Profils et pratiques des usagers reçus en CAARUD en 2019

Profils et pratiques des usagers reçus en CAARUD en 2019

Paris, le 28 janvier 2021

La sixième édition de l’enquête nationale auprès des usagers des CAARUD, ENa-CAARUD mise en place par l’OFDT en 2006, s’est déroulée en 2019. Les principales conclusions sont présentées dans le numéro 142 de Tendances. Elles permettent de décrire les évolutions de la population observée, de ses usages et des comportements à risque. Le vieillissement des usagers des CAARUD est constant depuis la première enquête : ils ont désormais 41 ans en moyenne contre 33 ans en 2006. L’enquête souligne également la détérioration de leurs conditions de vie et leur précarisation. Concernant les substances les plus souvent consommées, l’édition 2019 témoigne de la place importante des usages de cocaïne et de la progression de la cocaïne basée. S’agissant des pratiques d’injection, l’enquête fait apparaître de fortes disparités générationnelles : si 62 % des moins de 25 ans n’ont jamais pratiqué l’injection, 52 % des plus de 35 ans signalent une injection récente et dans certains cas on note des primo injections tardives. Par ailleurs, après le recul observé entre 2012 et 2015, les résultats de l’enquête montrent le retour à une évolution positive de la proportion de la pratique de dépistage du VIH et du VHC chez les usagers des CAARUD, surtout les plus âgés.

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Les CAARUD : évolutions récentes (2014-2018)

Les CAARUD : évolutions récentes (2014-2018)

Paris, le 20 janvier 2021

Cette note présente une synthèse des données des rapports d’activité annuels transmis par les Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues (CAARUD). Elle vise à décrire les évolutions au cours des cinq dernières années disponibles (2014-2018).

Par rapport à 2014, les CAARUD ont été plus nombreux à intervenir à l’extérieur de leurs locaux, évolution particulièrement marquée pour la mise en place de permanences à l’extérieur. La généralisation de cette modalité d’intervention ne s’est cependant pas accompagnée d’une augmentation proportionnelle des effectifs accueillis dans ce cadre. Ce sont en fait dans les interventions de type maraudes que l’augmentation des effectifs a été la plus élevée en termes relatifs.

L’évolution la plus marquante survenue au cours de ces années est cependant la très forte augmentation de la distribution du matériel destiné à l’inhalation et, dans une moindre mesure, du matériel pour le sniff. Cet accroissement fait écho au développement de la consommation de cocaïne et tout particulièrement de la cocaïne basée au cours de cette période. Cet aspect ne doit cependant pas masquer l’augmentation importante du nombre de seringues distribuées (+ 19 %) qui atteint ainsi 8 millions en 2018. Il peut être remarqué que cette dernière évolution est de même ampleur que celle des files actives et que celle du nombre d’ETP (+19 %).

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Légalisation du cannabis aux États-Unis - Modèles de régulation et premier bilan

Légalisation du cannabis aux États-Unis - Modèles de régulation et premier bilan

Paris, le 11 janvier 2021

Depuis 2012, les évolutions des politiques publiques liées au cannabis ont connu une nette accélération, avec les premières initiatives de légalisation de la vente de cannabis à usage non-médical aux États-Unis (le pays même qui a lancé la « guerre à la drogue » en 1971), l’Uruguay et le Canada. Après plusieurs décennies de prohibition, deux tiers des États américains ont aujourd’hui légalisé l’usage médical de cannabis et un sur cinq en autorise l’usage non-médical pour les adultes. À l’aune des premiers résultats de ces initiatives à la fois convergentes et diverses dans leurs choix de régulation, le débat aux États-Unis se porte de plus en plus désormais sur les « modèles » qui seraient les plus « protecteurs » de la jeunesse et les plus efficaces en termes de santé publique : « comment légaliser ? » plutôt que « faut-il légaliser ? ». Même si cet enjeu a été affaibli par l’urgence sanitaire autour de la pandémie de Covid-19, le statut légal du cannabis a été un des thèmes de la campagne présidentielle de 2020.

Cet état des lieux pourra utilement être complété par la lecture des rapports publiés dans le cadre du projet de recherche ASTRACAN (Pour une Analyse STRAtégique des politiques du CANnabis), coordonné par l’OFDT en partenariat avec l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

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