Pour toute impression ou sauvegarde, ouvrir la version Word de cette page.

Thématique : Offre

Substance considérée : Alcool

 

Quantité d’alcool consommé par habitant âgé de 15 ans et plus depuis 1961 (en litres équivalents d’alcool pur)

 

graph14.gif

 

Constat

Depuis le début des années 1960, les quantités d’alcool mises en vente  en France  ont fortement diminué. En 1961, les quantités d’alcool par habitant âgé de 15 ans et plus représentaient  26 litres d’alcool pur. Un peu plus de quarante ans plus tard, ce montant était divisé par deux. Cette tendance à la baisse se poursuit encore jusqu’en 2017. Sur le long terme, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus, cette baisse est entièrement imputable  à la diminution des quantités de vin. Entre 2000 et 2017, les quantités d’alcool pur par habitant de 15 ans et plus mises en vente sur le territoire français sous forme de vins ont diminué d’environ 20 %, celles sous forme de spiritueux de 10 % alors que celles sous forme de bières reviennent en 2017 pratiquement à leur niveau de 2000, après une assez forte augmentation entre 2015 et 2017 (+ 6 %). Dans le cas des bières, cette stabilité pourrait résulter d’une tendance à la baisse des volumes de bières combinées avec une augmentation du degré moyen d’alcool.

La tendance à la baisse a été moins forte dans les années 1990 que dans les années 1980. Le mouvement de diminution des quantités se poursuit dans les années 2000 mais depuis 2008, cette tendance, si elle persiste, apparait plus faible. Pour le vin, la baisse moyenne annuelle a été de près de 15 centilitres d’alcool pur par an entre 2000 et 2008, et de 5 centilitres d’alcool pur entre 2008 et 2017.

En 2017, le nombre de litres d’alcool pur mis à la consommation correspond en moyenne à 2,56 verres « standard » ou unité standard d’alcool (un verre standard contient environ 10 g d’alcool pur) consommés chaque jour par chaque habitant âgé de 15 ans et plus. Ce nombre de verre peut se décomposer en un verre un demi de vin, un demi verre de bière, un tout petit peu plus d’un demi verre de spiritueux et une infime quantité d’autres produits intermédiaires ou de cidre. Cette moyenne recouvre une très grande diversité de comportement, certains ne buvant pas du tout d’alcool ou rarement, d’autres buvant des quantités beaucoup plus élevées. Toutes les enquêtes de consommation montrent que les hommes boivent des quantités d’alcool nettement plus importantes que les femmes. Les hommes âgés de 15 ans et plus consomment en moyenne un peu moins de quatre verres d’alcool par jour et les femmes un peu plus d’un.

Le niveau de consommation d’alcool en France était au début des années 1960 très largement au-dessus de celui observé dans les autres pays européens. A la suite du mouvement de baisse observée au cours des 50 dernières années, la France ne fait plus figure d’exception même si elle fait partie des pays ayant le plus fort niveau de consommation d’alcool au monde. D’après les données de la Commission européenne (European Core Health Indicator – ECHI)  (1), la consommation d’alcool par habitant de 15 ans et plus était moins élevée en France en 2015 qu’en Lituanie, République Tchèque, Estonie, Roumanie, Portugal, Slovaquie, Hongrie, Royaume-Uni, Finlande et Croatie. Sauf avec les quatre premiers pays de cette liste, les différences restent toutefois assez faibles (différence inférieure à 1 litre). Les données de l’OMS (2), qui présentent pour certains pays et pour la même année des écarts importants avec celles de la Commission européenne, placent la France derrière l’ensemble des anciens pays de l’Est, mais devant les pays de l’Europe de l’Ouest, à l’exception du Portugal, du Luxembourg et de l’Allemagne, les différences avec ces trois pays étant assez faibles (entre 0,3 et 0,7 litres par habitant de 15 ans et plus).

Sources

Organisation mondiale de la santé entre 1961 et 1989, groupe IDA1 de 1990 à 1999, Insee de 2000 à 2017.

Remarques méthodologiques

La quantité d’alcool pur contenue dans les différentes boissons alcoolisées est très variable. Il n’est pas possible d’additionner des litres de bières, de vins et de whisky et il est donc nécessaire de convertir toutes les quantités consommées en équivalent alcool pur.

L’alcool est soumis en France à des taxes proportionnelles aux volumes commercialisés. Il est donc possible, à partir du montant des recettes fiscales perçues sur l’alcool, de reconstituer les volumes d’alcool mis en vente sur le territoire français. Pour les bières et les spiritueux, les taxes reposant directement sur le contenu en alcool pur des boissons, on obtient directement ce montant à partir des recettes et des taux de taxation. Pour les autres produits comme le vin, la taxe s’applique aux volumes de boissons, quel que soit son degré d’alcool. Les volumes de vins reconstitués à partir des montants de taxes perçus doivent être à leur tour convertis en leur équivalent en alcool pur à l’aide du degré d’alcool moyen des vins.

Les volumes d’alcool pur mis à la consommation ne correspondent pas tout à fait à des données de vente. Il s’agit des quantités d’alcool pour lesquels les droits ont été acquittés. Comme il est possible pour les producteurs et grossistes de détenir de l’alcool en suspension de droits, les taxes ne sont souvent réglées qu’au moment de la mise à la vente effective des produits. Il est dans l’intérêt des professionnels de récupérer rapidement, en vendant le produit, le montant des taxes décaissées. Les quantités d’alcool mises à la consommation et celles qui sont vendues sont donc des grandeurs très proches dont les évolutions sont étroitement liées.  Ces données tiennent aussi compte des consommations non taxées d’alcool (par exemple autoconsommation des producteurs de vins). Les achats d’alcool de non-résidents sur le territoire français (Britanniques venus s’approvisionner de l’autre côté de la Manche, touristes étrangers) ne sont pas déduits de ces chiffres. Les achats d’alcool par des français à l’étranger ne sont pas non plus intégrés dans le calcul. Les deux termes se compensent en partie. La France reçoit un très grand nombre de visiteurs étrangers susceptibles de consommer de l’alcool. Il faut cependant tenir compte du fait que leur durée de séjours est limitée et qu’ils ne représentent en équivalent résident permanent qu’un nombre beaucoup plus faible de personnes. Au total les volumes d’alcool pur consommés par les visiteurs étrangers ne représentent pas plus de 2 à 3 % du volume total d’alcool pur.

Les chiffres sur la période 2000-2010 tiennent compte de la tendance à l’augmentation du degré moyen d’alcool des vins décrite par tous les observateurs professionnels en France comme dans tous les pays producteurs de vins. On manque cependant en France d’un indicateur permettant d’objectiver ce phénomène. Un article paru en 2015 (2) semble indiquer que le réchauffement climatique ne peut à lui seul expliquer cette augmentation du titrage en alcool des vins qui pourraient aussi résulter d’une adaptation des vins aux goûts des consommateurs. Les données relevées sur les importations au Canada de vins en provenance de France et d’autres pays font en tout cas apparaître un degré moyen de 13° pour les vins rouges français à la fin des années 2000 et un peu moindre pour les vins blancs. Il est probable que les importations au Canada concernent surtout des AOC dont le titrage a tendance à être plus élevé que la moyenne des vins. Sous l’hypothèse d’une progression sans doute ralentie du titrage depuis le début des années 2010, un degré moyen de 13° en 2017 pour les vins supérieurs et un peu inférieur pour les vins de table semble en tout cas une valeur minimale plausible qui a donc été adoptée pour les calculs de cet indicateur. Il est préférable pour le calcul de cet indicateur de prendre le risque de sous-estimer le degré d’alcool que le contraire.

Les modes de calcul des quantités d’alcool pur consommées ne sont pas harmonisées entre les différents pays. De plus, selon les sources (OMS, Commission européenne, OCDE), la valeur de cet indicateur pour un même pays diffère parfois substantiellement. Les comparaisons internationales doivent donc être considérées avec prudence.

Liens utiles

(1) European core health indicator (accédé en juillet 2018) :
http://ec.europa.eu/health/dyna/echi/datatool/index.cfm?indlist=46a

(2) OMS, Global Information System on Alcohol and Health (accédé en juillet 2018) : http://apps.who.int/gho/data/node.main-euro.A1039?lang=en&showonly=GISAH

(3) Alston J. M., Fuller K. B., Lapsley J. T., Soleas G., and Tumber K. P., Splendide Mendax: False Label Claims About High and Rising Alcohol Content of Wine, Journal of Wine Economics, Volume 10, Number 3, 2015, Pages 275–313


Expertise collective Inserm, Alcool, Dommages sociaux, Abus et dépendance, Partis, Les éditions Inserm, 2003, 536 p.

Got (C.), Weill (J.) (dir.), L’alcool à chiffres ouverts, consommations et conséquences : indicateurs en France, Paris, Seli Arslan, 1997, 350 p.


1 Sur la notion d’alcool mis en vente ou mis à la consommation voir les remarques méthodologiques ci-dessous

2 Le groupe Indicateur d'alcoolisation réunissait les principaux producteurs de données sur les questions d'alcool

 

 

Retour page principale

Haut du document

Dernière mise à jour : août 2018