Enquête NOVURC [Nouveaux Visages des Usagers Réguliers de Cannabis]

 

Le projet NoVURC vise à répondre, selon une méthodologie qualitative de sciences sociales, aux questions soulevées par les résultats des enquêtes épidémiologiques récentes menées auprès des adultes, en se focalisant sur les nouveaux visages des usagers et usagères de cannabis qui consomment quotidiennement (ou régulièrement) du cannabis :  usagers âgés de 26 à 64 ans qui consomment depuis plusieurs années et femmes en particulier.

Historique

Les enquêtes en population générale les plus récentes menées auprès des adultes (Baromètre Santé publique France coexploité avec l’OFDT) indiquent depuis quelques années une stabilisation de l’usage parmi les adultes, différenciée selon les classes d’âge. L’augmentation cumulée de l’expérimentation au fil des trente dernières années et de l’usage actuel parmi la population a modifié la structure démographique de la population usagère de cannabis. Alors que les « habitués du cannabis » étaient d’abord décrits comme de jeunes hommes dans les années 1990 et 2000, deux phénomènes retiennent aujourd’hui l’attention : le vieillissement des usagers actuels (dans l’année) et une féminisation de la population des usagers (la part des femmes était résiduelle dans les années 1990). Le projet NoVURC vise à répondre aux questions soulevées par les résultats des enquêtes quantitatives en se focalisant sur ces nouveaux visages des usagers et usagères de cannabis qui consomment quotidiennement (ou régulièrement) du cannabis.

Partenariats

L’étude est réalisée par l’OFDT, qui en assure la coordination. Le projet est financé par le fonds de lutte contre les conduites addictives de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), au titre de l’édition 2022 et pour une durée de deux ans.

Objectifs

Il s’agit globalement de décrire et de comprendre les pratiques, les trajectoires de consommation et les modes de vie des usagers et usagères de cannabis (de 26 à 64 ans) qui consomment quotidiennement (ou régulièrement) du cannabis depuis plusieurs années. Il s’agit donc de comprendre comment l’usage quotidien ou régulier (dans le mois) de cannabis est arrimé à des modes de vie et quels sont les facteurs qui jouent, en pratique, comme des conditions facilitant l’accès au produit et l’installation dans des habitudes de consommation. Comment s’inscrit-il dans la vie quotidienne et un mode de vie des nouvelles générations d’adultes installées dans une consommation régulière de cannabis (26-64 ans) ? Comment évolue-t-il avec l’entrée dans la vie professionnelle, la mise en couple, l’arrivée du premier enfant etc. ? Comment s’articule-t-il à la vie professionnelle et la vie sociale en général ? Comment est-il habituellement « géré », contrôlé, surveillé voire auto-régulé ? Comment la consommation de cannabis donne-t-elle lieu, parfois, à des démarches de réduction ou de sortie de la consommation ? Comment celles-ci sont-elles accompagnées par le dispositif médico-social (sorties spontanées versus accompagnement clinique) ? Comment l’usage de cannabis entre-t-il en interaction avec d’autres consommations de substances psychoactives, en premier lieu l’alcool, les substances médicamenteuses mais également les autres drogues illicites ?
Dans une perspective compréhensive, il s’agira également de saisir les motivations d’usage, de les mettre en rapport avec les quantités consommées, les modes d’approvisionnement (achat illégal en direct, par SMS, réseau social ou en ligne, avec ou sans recours à la livraison, don, partage, auto-culture etc.), les modalités de consommation (fumé, ingéré, vapoté, etc.), les habitudes et les préférences de consommation. Enfin, comment ces pratiques d’usage quotidien permettent-elles d’identifier des profils d’usagers et de dessiner une typologie des consommateurs ?

Méthodologie

Le projet d’enquête sera structuré par la conduite d’entretiens approfondis (et parfois répétés, n=80) auprès d’une soixantaine de consommateurs et consommatrices d’âges variés (de 26 à 64 ans) dont l’usage de cannabis est quotidien ou régulier.
Le recrutement des enquêtés répondra à un objectif de diversification des profils. Il pourra s’appuyer en partie sur le réseau du dispositif Tendances récentes et nouvelles drogues (TREND) de l’OFDT, les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), le bouche-à-oreille (par effet boule de neige) et, potentiellement, via les répondants et répondantes de la web survey 2021 de l’OFDT (sous réserve de respect de certaines conditions du RGPD).
Une partie des personnes enquêtées (15 à 20) pourront également être sollicitées pour un second entretien. Il serait alors opportun d’élaborer la constitution et le commentaire (au cours du second entretien) d’un carnet de consommation (technique classique en économie et sociologie de la consommation, utilisée également pour l’étude du travail domestique en sociologie) relevant de manière détaillée les quantités, formes, moments, lieux et moyens d’achats des produits consommés. Ce corpus resserré permettrait de constituer des études de cas précis et de confronter discours et pratiques des personnes enquêtées.

Résultats

Les premiers résultats sont attendus au dernier trimestre 2024.