Tableau de bord Alcool

 

Informations confinement COVID-19

L’OFDT mobilise les sources de données existantes pour tenter d’apprécier l’impact de la pandémie au COVID19 sur les volumes d’alcool consommés sur le territoire de la France. Les évolutions mensuelles des volumes d’alcool vendus peuvent être approchées à partir de celles des montants des droits indirects sur l’alcool collectés chaque mois par la DGDDI. Ces impôts sont assis sur les volumes d’alcool et doivent être acquittés pour que les boissons alcoolisées puissent être mises en vente. Celles-ci pouvant être détenues en suspension de taxe, il est dans l’intérêt des distributeurs d’acquitter les droits le plus tard possible avant la vente pour minimiser la durée pendant laquelle ils avancent à l’Etat le montant de ces impôts. Les évolutions des recettes et des ventes peuvent être considérées comme fortement liées sur des périodes annuelles mais également mensuelles, bien qu’avec de possibles décalages temporels dans ce dernier cas.
Au cours du mois de mars 2020, les montants des droits indirects ont augmenté, relativement au mois de mars 2019, de près de 5 % pour les vins, de 6 % pour les bières et ont reculé de 6 % pour les spiritueux. Il est en fait difficile de conclure sur les effets du confinement à partir de ces chiffres qui couvrent également la période en mars l’ayant précédé. Les données du panel Nielsen sur les ventes d’alcool en valeur dans les commerces alimentaires (excluant les ventes des cafés, hôtels et restaurants) portant exclusivement sur la période de confinement du mois de mars sont plus informatives : elles montrent une tendance globale à la baisse des ventes d’alcool (-16 % entre le 18 et le 29 mars), avec toutefois des hausses en ce qui concerne les ventes de bières et de vins rosés expliquées par une météo favorable. Même si le report possible sur des produits moins chers, notamment les conditionnements en gros volumes (cubis de vins et fûts de bières), peut conduire à une baisse en volume moins forte qu’en valeur, il apparait clairement que l’évolution des ventes à emporter n’a pas compensé l’arrêt total des consommations dans les cafés hôtels et restaurants et que les volumes consommés ont donc très certainement globalement baissé.
Au mois d’avril, les recettes fiscales des droits indirects sur l’alcool ont fortement chuté, relativement à avril 2019, pour tous les types d’alcool : de 20 % pour les vins, de 13 % pour les bières et de 7 % pour les spiritueux. Le confinement au cours du mois d’avril s’est ainsi accompagné d’un recul global des ventes d’alcool, sous l’hypothèse que l’activité des services de recouvrement de ces impôts n’ait pas été diminuée. Il serait intéressant de pouvoir confronter ces évolutions avec celles des données du panel Nielsen pour le mois d’avril qui n’ont malheureusement pas jusqu’à maintenant été rendues publiques.
Le recul global des volumes consommés n’est cependant pas incompatible avec l’existence de difficultés accrues pour certains consommateurs. D’après le sondage réalisé par Santé Publique France fin mars, si 24 % des consommateurs d’alcool interrogés indiquaient avoir baissé leur consommation pendant le confinement, 11 % ont déclaré l’avoir augmenté.


Ce bilan décrit les évolutions récentes de la consommation d’alcool en France et de ses conséquences sanitaires et sociales. Les tendances récentes ainsi décrites sont dans la mesure du possible resituées dans le contexte plus large des évolutions observées depuis le début des années 2000. Cette analyse des évolutions repose sur un ensemble d’indicateurs qui permettent de mesurer avec la même méthodologie les phénomènes observées. Dans le cadre de cette approche, l’objectif est avant tout d’apprécier les tendances. Ce tableau de bord ne vise pas à rendre compte de la totalité des connaissances disponibles sur la consommation d’alcool et de ses conséquences.

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